SUSPICION D’EMPOISONNEMENT – La directrice de la veille sanitaire du ministère de la Santé se demande “à quoi bon insister de chercher du botulisme là où on n’en a jamais trouvé”

Dr Manuella Vololoniaina, directrice de la veille sanitaire, de la surveillance épidémiologique et riposte (DVSSER) auprès du ministère de la Santé publique. Photo : TV5 Monde ( Capture d'écran)

Antananarivo, 17 Juillet, 11h45 – “Je ne veux pas savoir”. Le Dr Manuella Vololoniaina, directrice de la veille sanitaire, de la surveillance épidémiologique et riposte (DVSSER) auprès du ministère de la Santé publique indique ne pas vouloir connaître quelle était la substance toxique et dangereuse qui a tué au moins 28 personnes à l’issue d’une fête d’anniversaire organisée à Ambohimalaza le 14 juin dernier. “Je n’ai pas le nom, mais on m’a dit que c’est de l’empoisonnement. Et je ne veux pas savoir”, répond-elle à TV5 Monde et Radio France internationale qui l’ont interrogée mercredi, après autorisation du ministère.

S’en tenant à la version du ministère de la Santé publique qui soutient que “jamais on n’a trouvé de toxine de botulisme dans une pâtisserie”, elle n’estime pas nécessaire que des analyses pour rechercher la toxine botulinique soient menées. Les mêmes arguments ont été défendus par le directeur général des fournitures de soins (DGFS) auprès du ministère, le Dr Rija Niaina Andriantiaray Ramarolahy, et le directeur du Laboratoire des analyses médicales de Madagascar LA2M, le Dr Andry Andrianarivelo. “A quoi bon insister d’analyser, de chercher du botulisme dans quelque chose où on n’en a pas trouvé”, poursuit alors la DVSSER dans son interview.

Dans son premier rapport toxicologique des échantillons de vomis et de restes des aliments servis à Ambohimalaza le 14 juin, l’Agence de contrôle de la sécurité sanitaire et de la qualité des denrées alimentaires (ACSSQDA) avait annoncé qu’il fallait encore “réaliser une analyse bactériologique des restes alimentaires et des vomissements des patients atteints de la maladie”. Les résultats de cette analyse bactériologique, si elle a été faite, n’ont pas été rendus publics.

Les autorités sanitaires et le gouvernement ont conclu à un empoisonnement sur la base des expérimentations réalisées sur des souris de laboratoire. Selon le compte-rendu du ministre de la Santé publique, le Pr Zely Randriamanantany, “après ingestion des échantillons suspects et des vomissements, les souris sont mortes sur le coup”.

Les résultats de l’investigation menée sur les échantillons prélevés et scellage effectué par l’équipe de la direction de la protection des consommateurs du ministère de l’Industrialisation et du commerce n’ont pas non plus été rendus publics. Si l’on en croit le directeur général des fournitures de soins (DGFS) auprès du ministère, le Dr Rija Niaina Andriantiaray Ramarolahy, les échantillons envoyés à l’étranger pour analyse sont plutôt des prélèvements sanguins et du contenu gastrique.

Les résultats des analyses effectuées à l’étranger n’ont pas non plus été rendus publics. Les autorités sanitaires et judiciaires se sont contentés d’indiquer que les échantillons contenaient des substances inhabituelles que l’on ne retrouve ni dans l’alimentation humaine ni dans l’estomac humain. La procureure de la République, Narindra Rakotoniaina, affirme que le nom de la substance relève du secret de l’instruction. Mais elle explique également la confidentialité de cette information pour prévenir tout autre acte malveillant.

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