Antananarivo, 6 Décembre, 7h00 – Défendre la reconduction de la loi commerciale sur la croissance et les possibilités en Afrique (Agoa) pour au moins dix ans. C’est l’objectif de l’important lobbying que des entreprises à Madagascar dans le textile entrevoient de mener à Washington en cette fin d’année. La démarche est entreprise en liaison avec le Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) et jumelée avec des groupements mauriciens. Des rendez-vous importants sont donc au programme, confie une chef d’entreprise qui participe activement à cette opération.
« L’Agoa arrivera à échéance en 2025. Il nous faut des années en plus si nous voulons maintenir les emplois et inscrire la dynamique vers le marché US », explique-t-elle pour justifier cette démarche. L’Afrique est d’ailleurs actuellement au centre des stratégies sourcing des grandes marques. Aussi « il est important pour Madagascar de sauter dans le train à un moment où toutes les cartes de sourcing mondiales sont en train d’être redistribuées », poursuit-elle.
Le commerce entre la Grande île et les Etats-Unis se trouve à la croisée des chemins, alors que le Congrès américain s’apprête à examiner l’opportunité de renouveler l’Agoa en 2025, soulève l’ambassadrice américaine à Madagascar, Claire Pierangelo. Cette diplomate indique que les États-Unis ont récemment aidé Madagascar à élaborer une stratégie nationale Agoa pour 2022-2025, qui fournit des recommandations pour traiter les questions de gouvernance, les déficiences en matière d’infrastructures et les principaux problèmes d’environnement opérationnel des entreprises pour tous les secteurs.
Les États-Unis sont le deuxième plus grand partenaire commercial de Madagascar après la France. Le commerce bilatéral entre les deux pays a déjà dépassé 800 millions de dollars cette année, marquant un retour aux niveaux commerciaux d’avant la pandémie. « Nous continuons à être le plus grand marché pour deux des exportations les plus importantes de Madagascar que sont les textiles et la vanille », souligne Claire Pierangelo. Des exportations qui entrent aux États-Unis en franchise de droits, grâce à l’Agoa, et au Système général de préférences (SGP).
Au-delà de la Grande île spécifiquement, les États-Unis rassurent sur leur volonté de considérer l’Afrique comme un partenaire essentiel pour le commerce et l’investissement. Le Président américain Joe Biden accueillera des dirigeants de toute l’Afrique, y compris de Madagascar, pour le Sommet des dirigeants américano-africains à Washington, à la mi-Décembre. L’événement comprendra des rencontres entre les dirigeants africains et le secteur privé afin de continuer à renforcer une vision commune de l’avenir des relations américano-africaines.
D’après les informations communiquées sur cet évènement, le sommet permettra de mieux favoriser un nouvel engagement économique, de renforcer l’engagement des États-Unis et de l’Afrique en faveur de la démocratie et des droits de l’homme, d’atténuer l’impact de la Covid-19 et des futures pandémies, ou encore de promouvoir la sécurité alimentaire. « Les États-Unis sont le plus grand donateur bilatéral d’aide au développement du continent africain et nous continuerons d’innover, en adoptant des approches sur mesure, en encourageant les entreprises américaines à accroître leurs investissements et leurs partenariats et en exploitant de nombreux outils », conclut l’ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Maria Pagán.