TRANSPORTS – Des coopératives se désolidarisent de leurs leaders et refusent l’accord avec l’Etat pour des frais des transport urbain à 600 ariary dans la capitale

Antananarivo, 12 Juillet, 13h43 – Coup de théâtre. Une partie des membres de l’Union des coopératives de transport urbain (UCTU) exprime son désaccord sur la fixation des frais de transport urbain à 600 ariary. « Cette décision est celle de nos leaders, qui n’ont pas consulté les membres, alors qu’on s’est convenu pour un tarif à 1.000 ariary », fustige Jeannot Rakotomalala, membre du conseil d’administration de l’UCTU ce mardi. Il affirme être porteur du message de « 95% des présidents de coopérative ».
Des représentants de l’UCTU et de l’Union des coopératives des transports suburbains (UCTS) avaient rencontré le ministre des Transports et de la météorologie, puis le président Andry Rajoelina lundi. Les deux parties sont parvenues à un accord pour la limitation des frais de transports dans la capitale à 600 ariary au lieu des 1.000 ariary annoncés auparavant. Les transporteurs avaient ensuite eu la promesse d’une aide de l’Etat pour le renouvellement du parc automobile avec une série de mesures pouvant aller jusqu’à la réduction de l’acquisition d’autobus à près de 20% du tarif normal.
Les coopératives qui sont contre l’accord conclu avec les autorités affirment que la hausse décidée « n’est pas en phase avec la hausse du prix des carburants appliquée depuis lundi ». « On a fait les calculs et il s’est avéré qu’on accuse une perte de 75.000 ariary par jour avec les frais à 600 ar », argumente Jeannot Rakotomalala.
Des membres de l’UCTU non-satisfaits décident d’immobiliser leurs véhicules ce mardi. « Il y a très peu de coopératives qui ont choisi d’aller travailler aujourd’hui. Ceux qui sont sur le terrain sont ceux qui avaient des stocks de carburants avec l’ancien prix », certifie-t-il.
Les partisans de la hausse à 1.000 ariary ne veulent pas discuter de l’autre partie du deal avec les autorités concernant le renouvellement du parc automobile. « Nous n’inciterons personne à faire grève. Chacun est libre de sa décision, mais 80% d’entre-nous sommes arrivés à la conclusion que c’est impossible d’aller travailler dans ces conditions », conclut le membre du CA de la fédération de coopératives.
Pour les leaders de l’UCTU, la contestation est « incompréhensible », selon les propos de Jean-Louis Rakotonirina, vice-président de la fédération. « On a décidé de prendre du recul pour le moment dans la mesure où on ne comprend pas ce qui se passe », confie-t-il. « Ils [membres de l’UCTU contre la hausse des frais à 600 ariary] ont tenu une réunion alors que nous n’étions pas présents », regrette-t-il, avouant son appréhension d’une éventuelle désunion au sein de la fédération. Il ne confirme ni n’infirme le rapport des forces au sein de l’UCTU par rapport à la situation.