VANF ANTRANONKALA – ONLINE : CR700

Le 700ème but de Cristiano Ronaldo, qui s’était choisi le diminutif de CR7, était attendu. Le quintuple Ballon d’Or (2008, 2013, 2014, 2016, 2017) fut au rendez-vous, ce 14 octobre 2019, malgré la défaite du Portugal contre l’Ukraine.

Cristiano Ronaldo, bientôt 35 ans, a désormais son palmarès plutôt derrière que devant lui. Et sans doute n’atteindra-t-il jamais le cap des 1000 buts qu’on prête au «roi» Pelé.

Les mille buts de Pelé sont une légende. Plus en hommage au talent du champion du monde 1958 et 1970 que la réalité d’une époque à la traçabilité aléatoire. Personne n’est capable de dire où et quand exactement Edson Arantes do Nascimento avait marqué son 100ème but ou le 500ème, ni si le 1000ème était vraiment le 1000ème.

Je ne peux non plus croire à la réalité du record qu’on attribue à l’Austro-Tchèque Josef Bican, né en 1913, justement quand l’Autriche-Hongrie existait encore ! La traçabilité devait être encore plus fantaisiste qu’à l’époque de Pelé qui avait pris sa retraite en 1977.

À notre époque, les calendriers sont rigoureusement à jour, les feuilles de match disponibles, les statistiques décortiquées. Et les statistiques modernes sont hallucinantes de détails : nombre de buts de la tête, nombre de buts du pied droit, nombre de buts du pied gauche, nombre du buts sur pénalty, nombre de buts sur coup franc direct, nombre de buts sur corner, nombre de buts dans et en dehors de la surface de réparation, moyenne de but par match…

Ce CR700 était également son 95ème but avec le Portugal, depuis sa toute première sélection le 20 août 2003. La littérature officielle prétend qu’à ce classement, CR7 est devancé par un attaquant iranien, Ali Daei, qui avait évolué cinq ans en Allemagne, dont une piètre performance au Bayern de Munich : 6 buts en 31 matches.

Comment peut-on comparer les statistiques d’un CR7, en concurrence avec l’autre phénomène de notre époque qu’est l’Argentin Lionel Messi, avec celles d’un joueur quasiment inconnu (existe-t-il un maillot floqué du nom Ali Daei ?) et évoluant dans d’obscures compétitions exotiques. Cristiano Ronaldo a joué dans trois des cinq championnats européens majeurs (Angleterre, Espagne, Italie) et affronté les meilleurs défenseurs et les plus grands gardiens du monde en Ligue des Champions.

Car, le baromètre le plus sérieux des meilleurs joueurs du monde est bien la Ligue des Champions de l’UEFA dont CR7 est quintuple vainqueur (2008, 2014, 2016, 2017, 2018) et sept fois meilleur buteur (2008, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018). C’est en jouant pour des clubs mondialement adulés comme Manchester United ou le Real Madrid qu’il fut quatre fois Soulier d’Or européen (2008, 2011, 2014, 2015), meilleur buteur de Premier League (2008), et trois fois meilleur buteur de la Liga (2011, 2014, 2015),

Quand Cristiano Ronaldo empile les buts, on obtient des pourcentages que seul Lionel Messi approche : 39 buts pour 45 matches (Manchester United, 2008), 56 buts pour 48 matches (Real Madrid, 2012), 58 buts pour 47 matches (Real Madrid 2015). Depuis 2010-2011, sur une moyenne d’une petite cinquantaine de matches par saison, CR7 aura régulièrement marqué plus d’un but par match, en sept saisons, dont six consécutives. S’il est «Galactique», CR7 n’est pas une étoile filante.