VINDICTE POPULAIRE – La gendarmerie rapporte que ses éléments sur place « n’ont pu rien faire » face à la colère de la foule entrainant la mort d’un jeune père de famille à Betafo

Antananarivo, 17 Mai, 14h47 – La gendarmerie apporte des explications sur la mort d’un jeune père de famille tabassé par la foule sous les yeux de ses éléments à Betafo, dimanche dernier. Dans le communiqué publié par le groupement de la gendarmerie du Vakinankaratra, ses éléments sur place ont « essayé de protéger le défunt » mais ils n’ont pu rien faire face à des gens en furie. Ceux-ci ont « utilisé la force pour faire sortir » la personne du véhicule de la gendarmerie « bloqué et réduit à l’immobilité ».

« Les forces de l’ordre auraient bien pu utiliser leurs armes », révèle le communiqué de la gendarmerie. Mais, « il faisait déjà nuit » alors qu’elles étaient en présence d’une centaine de personnes. « Un bain de sang était à craindre et il fallait l’éviter » précise-t-elle.

Ce dimanche-là, le jeune père de famille était à la recherche de la maison où logeait l’individu qu’il soupçonnait d’avoir volé un téléphone portable qu’il vendait. Après avoir avisé le président du fokontany du quartier, il a identifié un suspect. C’est en route vers le poste de police que des « membres de la famille » de la personne interpellée ont affirmé que le défunt était un kidnappeur. Sans écouter les explications du jeune père de famille, la foule l’a tout de suite tabassé. Deux gendarmes en mission sur les lieux ont vu la scène et sont intervenus, puis ils ont appelé des renforts, explique la gendarmerie.

L’organe mixte de conception dans le district de Betafo a déjà dressé un rapport de cet incident malheureux et suit de près l’évolution de l’affaire. La famille du défunt a porté plainte et demande justice à l’encontre des personnes ayant frappé à mort la victime.

Les vindictes populaires se sont multipliés ces derniers jours. Dimanche, dans le district de Toliara II, un homme soupçonné d’être un voleur d’organe humain a été aussi lynché à mort par une foule en colère à Ankaiasy Ambony, dans le fokontany Ankoronga de la commune rurale de Betsinjaka.

Photo : Groupement de la gendarmerie du Vakinankaratra