Les États-Unis interdisent désormais l’importation de nouveaux robots humanoïdes et quadrupèdes fabriqués à l’étranger. L’administration de Donald Trump a inscrit ces appareils sur la liste des produits considérés comme présentant des “risques inacceptables pour la sécurité nationale”, selon une décision annoncée mardi par la Commission fédérale des communications (FCC).
Les “appareils robotiques avancés”, qui comprennent notamment les robots mobiles, rejoignent ainsi la liste des équipements dont l’importation est restreinte. Celle-ci comprenait déjà certains drones ainsi que plusieurs entreprises chinoises, dont Huawei et China Telecom. La mesure concerne uniquement les nouveaux modèles et ne s’applique pas aux robots déjà commercialisés ou autorisés sur le territoire américain.
La décision fait suite aux conclusions d’un groupe de travail réuni par la Maison Blanche. Celui-ci estime que les robots conçus à l’étranger pourraient compromettre la sécurité et la sûreté des citoyens américains, en créant notamment des vulnérabilités dans les chaînes d’approvisionnement et des risques de cybersécurité susceptibles d’affecter des infrastructures critiques.
Le rapport cite également des préoccupations liées à la protection des données. Parmi les exemples évoqués figure le cas d’un programmeur français ayant affirmé avoir accédé accidentellement aux données de 7 000 robots aspirateurs d’un fabricant chinois, illustrant, selon les autorités américaines, les risques potentiels associés aux appareils connectés.
Des exemptions sont toutefois prévues. Les robots autorisés par le département américain de la Défense restent autorisés, la FCC estimant qu’ils ne présentent pas de risques inacceptables pour la sécurité nationale. La FCC a également ajouté à cette liste les onduleurs fabriqués à l’étranger, utilisés notamment pour convertir le courant continu provenant de batteries ou de panneaux solaires en courant alternatif destiné au réseau électrique.
Cette décision s’inscrit dans la politique de relance de l’industrie manufacturière américaine portée par l’administration Trump. Plusieurs entreprises produisent déjà une partie de leurs robots aux États-Unis. Boston Dynamics prévoit notamment d’y construire une usine capable de fabriquer jusqu’à 30 000 robots par an. Tesla ambitionne de lancer la production industrielle de son robot humanoïde Optimus sur ses sites de Fremont, en Californie, et d’Austin, au Texas, tandis que Figure AI assemble déjà des robots en série dans son usine de San Jose.
Selon un responsable de l’administration américaine, l’interdiction vise aussi bien les robots importés entièrement assemblés que ceux montés aux États-Unis lorsque plus de 35 % de leurs composants proviennent de l’étranger.
Textes : Avec AFP















