Antananarivo, 9 Décembre, 9h15 – Le Bénin résiste à la vague de coups d’Etat en Afrique de l’Ouest. Dimanche 7 décembre, un groupe de soldats, le “Comité militaire pour la refondation”, a pris d’assaut la télévision publique à Cotonou. Ils y ont annoncé la destitution du président Patrice Talon, invoquant la dégradation sécuritaire, des injustices dans l’armée et une atteinte aux libertés.
Mais les autorités béninoises ont réagi rapidement pour annoncer l’échec du putsch. A la demande du Bénin, le Nigeria a mené des frappes aériennes et déployé des troupes au sol, reprenant le contrôle des sites-clés. Les médias locaux ont rapporté l’arrestation d’au moins une douzaine de soldats impliqués, bien que le chef présumé des mutins, le lieutenant-colonel Pascal Tigri, soit toujours en fuite.
Cet événement s’inscrit dans une vague régionale d’instabilité politique et de prises de pouvoir militaires, ayant successivement touché le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Guinée et plus récemment la Guinée-Bissau. Les analystes y voient le signe de fractures au sein de l’appareil sécuritaire béninois et soulignent la gravité de la situation, démontrée par l’intervention militaire nigériane dans la capitale.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a aussi ordonné l’envoi d’une force régionale, composée de militaires nigérians, sierra-léonais, ivoiriens et ghanéens, pour soutenir le gouvernement légitime et préserver l’ordre constitutionnel.
Cette tentative de putsch intervient dans un contexte politique et sécuritaire national particulièrement tendu. Le pays se prépare à une élection présidentielle en avril 2026, marquée par la disqualification du principal parti d’opposition, faisant du candidat soutenu par Talon, l’ancien ministre des Finances Romuald Wadagni, le grand favori.
Quelques semaines auparavant, le Parlement a adopté une révision constitutionnelle prolongeant le mandat présidentiel de cinq à sept ans, une mesure critiquée par l’opposition. De plus, le Nord du Bénin est fortement affecté par la violence djihadiste, un fait souligné par les mutins. Il s’agit de la première tentative de coup d’État majeure au Bénin depuis 1972, rompant avec des décennies de stabilité politique.














