Antananarivo, 27 Novembre, 14h45 – Un nouveau coup d’Etat en Guinée-Bissau. L’armée a pris le pouvoir mercredi 26 novembre, quelques jours après des élections présidentielles tendues. Depuis le quartier général dans la capitale, Bissau, l’armée, par la voix du général Denis N’Canha, pourtant chef de la garde présidentielle, a déclaré la destitution du président Umaro Sissoco Embaló et la suspension du processus électoral. En trente ans, aucun président n’a accompli deux mandats successifs dans ce pays en proie à l’instabilité chronique.
Le général N’Canha a proclamé la création d’un “Haut Commandement militaire” assumant les pleins pouvoirs et a immédiatement ordonné la fermeture de toutes les frontières du pays. Cette annonce fait suite à une intervention militaire directe contre les institutions. Le président Embaló lui-même a confirmé son arrestation sans violence en milieu de journée au palais présidentiel, tandis que des coups de feu étaient rapportés aux alentours des bâtiments gouvernementaux. Selon des témoignages, des hommes armés ont également pris pour cible la commission électorale, dans ce qui semble être une tentative d’empêcher la publication des résultats provisoires du scrutin, initialement prévue pour ce jeudi.
La crise survient dans un contexte de défiance politique. Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, et son principal rival, Fernando Dias, revendiquent tous deux la victoire au premier tour. L’élection s’est tenue dans un climat de fortes tensions, marqué par l’invalidation de la candidature de l’opposant principal et des allégations de manipulations. L’armée a justifié son action en dénonçant un plan de déstabilisation impliquant des hommes politiques et des trafiquants de drogue.














