AGRICULTURE ET COMMERCE – Des planteurs de vanille en tournée de plaidoyer dans la capitale alors que le prix de la vanille peine à atteindre le prix plancher imposé par le gouvernement

Antananarivo, 9 Juillet, 9h02 – Le gouvernement entend tenir compte de l’avis des planteurs sur toute décision relative au secteur de la vanille. Des représentants d’une association de planteurs de vanille récemment mise en place ont ainsi été reçus et entendus par les différents responsables gouvernementaux impliqués dans la gestion du secteur depuis jeudi. « Nous avons rencontré le Premier ministre, le ministre en charge de l’Agriculture, le ministre de l’Industrie, du commerce et de l’agriculture et nous allons aussi rencontrer le secrétaire d’Etat en charge de la Gendarmerie », a déclaré jeudi au cours d’un point de presse le député Norbert Mamangy qui a parlé au nom de l’association.
Selon le député Norbert Mamangy, l’association qu’il représente n’a certes « qu’un représentant au sein du Conseil national de la vanille (CNV) » qui est censé réfléchir au niveau national à la politique et à la stratégie de développement et d’amélioration du secteur de la vanille. « Mais nous sommes très actifs au sein des Conseils régionaux de la vanille dans la mesure où c’est à ce niveau que nous sommes surtout concernés », insiste-t-il.
La création de l’association des planteurs de vanille reçue par les autorités intervient à une période où la vanille est en crise. Après avoir atteint des sommets, le prix de l’épice qui fait la fierté de Madagascar en général et de la région de la Sava en particulier ne cesse de dégringoler. Le gouvernement tente depuis trois saisons d’imposer des prix minima de référence, mais ceux-ci ne sont pas toujours appliqués. Cette année, le gouvernement est allé jusqu’à proposer un prix plancher pour la vanille verte, mais les collecteurs hésitent à acheter le produit à 75.000 ariary.
L’association des planteurs a été mise en place « en vue de trouver des solutions aux problèmes de la vanille », rappelle le député Norbert Mamangy. A l’issue de la réunion de constitution qui s’est tenue le 17 Juin derniers, les participants ont demandé à « être entendus et pris en compte pour toute décision relative à la vanille », indique l’élu. Celui-ci parle également d’une requête en vue de la régulation du secteur et de la professionnalisation des différents acteurs, ainsi que d’une amélioration de la sécurité des zones productrices. Une proposition de loi sur le secteur devrait également être prochainement soumise au Parlement, poursuit-il.
A en croire Norbert Mamangy, la constitution de l’association le 17 Juin dernier a réuni 5.637 planteurs issus de 2.036 villages, à raison de deux représentants par village. La présence de la délégation dans la capitale et leurs rencontres avec les différentes autorités nationales « montre que les travaux d’amélioration du secteur connaissent des avancées notables », conclut la ministre du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat, évoquant notamment de bons résultats à l’exportation sans en donner les détails.