Alpha Narcisse Nambinintsoa est ce jeune homme lauréat du baccalauréat 2022 avec une moyenne de 17,42/20. Issu d’un milieu modeste, cet ancien du lycée Saint François Xavier d’Ambatomena, a pu terminer ses études secondaires grâce à l’appui du programme Ceres, mis en œuvre par l’association Promes et l’IECD. Pour ses études supérieures, il continue de bénéficier des appuis des deux organisations avec le programme Sésame. En attendant de poursuivre ses études en informatique, il est en année préparatoire. Il nous confie le secret de ses bonnes notes. Entretien.
Mon nom est Nambinintsoa Alpha Narcisse. Je poursuis mes études dans le cadre du programme Sésame, je suis en année préparatoire. Je suis originaire de Fianarantsoa. J’ai déjà suivi le cursus mis en place par [l’association] Promes depuis la classe de sixième. J’ai réussi mon bac en 2022. C’est en tant que lauréat du baccalauréat que je réponds à vos questions. J’ai eu mon bac en série C.
Parlez-nous de votre parcours ?
Comme je le disais, il y a d’abord le programme Ceres, un programme « sœur cadette » du [programme] Sésame, qui prend en charge des élèves du lycée. Mais moi, je collabore avec eux depuis le collège, depuis la sixième comme je l’ai mentionné tout à l’heure. J’ai suivi une année préparatoire, ensuite je suis entré au collège Saint-François-Xavier Ambatomena Fianarantsoa. C’est là que j’ai préparé le baccalauréat. A cette époque, nous étions pensionnaires au Ceres Ivory, avec ceux qui ont déjà eu leur baccalauréat. J’y étais hébergé car mes parents vivaient à la campagne et nous n’avions pas de logement à Fianarantsoa, d’où le pensionnat.
Deux – Quels sont vos projets d’avenir ?
Jusqu’ici, mon projet, en me basant sur les conseils et sur tout ce que j’ai acquis dans le cadre de Sésame, c’est de devenir développeur full stack dans le secteur de l’informatique. Si j’apprends ce métier, mon insertion professionnelle sera facile. Enfin, ce ne sera pas facile, je dirai plutôt élargie, ce n’est pas pareil. Mon objectif final consiste aussi à aider les jeunes de chez nous. J’ai pu constater que sans le Ceres, le Sésame et le forum des métiers, il m’aurait été difficile d’atteindre ce je voudrais faire. Mon véritable objectif est de créer une plateforme qui me permettrait d’aider les enfants de chez nous, ainsi que les jeunes comme moi, les élèves de la terminale qui vivent dans la campagne et qui ne connaissent pas l’existence du Ceres pour leur dire comment est le monde du travail. Je pourrais alors collaborer avec mes camarades de promotion car ils ont leurs métiers à eux. C’est à peu près tout cela.
Donc, c’est le programme Sesame qui finance vos études ?
Pour le quotidien, comme par exemple la question des fournitures d’hygiène et des effets de toilette, les parents sont encore là même s’ils ont des difficultés. La collaboration avec le Sesame concerne surtout la possibilité de poursuivre mes études jusqu’en L3. Ils octroient des bourses d’études.
Envisagez-vous de poursuivre vos études à l’extérieur ?
J’y pense. Toutes les opportunités qui me permettent d’atteindre mes objectifs doivent être envisagées. Je crois que si je termine la L3 grâce à Sesame, plusieurs voies s’ouvriront à moi.
Quels sont vos avantages en tant que bénéficiaire du programme CERES ? Qu’en avez-vous acquis ?
Le bénéfice que j’en ai tiré, c’est le fait de ne pas avoir étudié en vain. Je sais où je vais. En milieu rural, parfois, quand on arrive en terminale et quand on obtient son bac, on s’arrête. On va devenir agriculteur. C’est le premier avantage. Puis, il y a l’aspect développement personnel. A la campagne, même la question d’hygiène est méconnue. Là-bas, il suffit parfois de se baigner dans la rivière pour prendre sa douche. Au Ceres, on nous a appris comment faire. Puis, il y a les études que le Ceres m’ont permis de faire. Sans le Ceres, je n’aurais pas pu au SFX [collège Saint-François-Xavier], je n’aurais pas poursuivi mes études dans la capitale, je n’aurais pas bénéficié de la qualité d’éducation que j’ai acquise jusqu’ici si le Ceres n’existait pas.
Si vous deviez vous comparer à vos camarades, qu’est-ce qui vous différencie des autres ?
Ce qui me distingue des autres, c’est ma capacité à maîtriser le temps. En terminale, on nous a donné un peu plus de liberté parce que nous sommes considérés comme des adultes. On nous a donné une journée-type, et si l’on respecte le plan et le cadre, on ne se perd pas. Il y a un temps pour apprendre les leçons, et un temps pour les études. J’ai aussi tiré profit de l’existence de la cantine scolaire. En Terminale, on a besoin de temps libre pour apprendre les leçons, pour faire de la relecture et des exercices, etc. Et les élèves du Ceres bénéficient de cette cantine scolaire. Donc, ils sont à l’école pendant toute la journée. Ainsi avant et après les repas, ils peuvent étudier et réviser.
Quel est le secret des excellentes notes que vous avez obtenues au bac ?
J’ai obtenu une moyenne de 17,42 sur 20. Le secret réside d’abord dans la définition d’un objectif. Le secret de toute réussite, c’est la définition d’un objectif. Rien n’arrive par hasard. Et j’en parle souvent. A l’époque, j’inscrivais au-dessus de mon lit, on dormait sur des lits superposés, mon objectif général pour l’année, à savoir être lauréat de Madagascar. Je visais la mention très honorable. Toutefois, et je n’ai pas honte de le dire, j’ai obtenu la mention très bien au lieu de la mention très honorable. C’est cela définir un objectif. Et puis établir un emploi du temps spécifique, un emploi du temps personnel. A quels moments étudier telle ou telle matière ? Selon les matières de base ou les autres matières, comment je dois l’apprendre ? Personnellement, j’apprends le matin les leçons qu’il faut absolument retenir. Le soir je fais des exercices tandis que je me mets à la relecture à midi. Pour résumer, définir un objectif, élaborer une stratégie, et déterminer un emploi du temps pour atteindre cet objectif. Tout cela exige de la discipline. Car en tant que jeune, on voudrait aller sur facebook, jouer à des jeux. Il ne faut pas oublier qu’on a besoin de moments de relaxation. Mais il faut aussi s’autodiscipliner si on veut réaliser telle ou telle chose.
Quel message transmettriez-vous aux collégiens et lycéens ?
Mon message est : osez fixer des objectifs ! Ensuite, n’ayez pas peur de viser haut ! Ne soyez pas modeste dans vos objectifs si vous souhaitez aller loin. Mais sachez que si vous visez beaucoup de choses, cela exigera beaucoup de travail. On ne peut pas vouloir beaucoup tout en travaillant peu.
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