Antananarivo, 22 Mars, 11h17 – Les groupements patronaux et syndicaux demandent un changement officiel à la direction de la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnaps). Ils souhaitent la nomination d’un collège de trois administrateurs provisoires afin « d’assurer la continuité des activités de l’organisme dans la sérénité et de sécuriser son patrimoine dans le respect des textes en vigueur ».
Selon une lettre conjointe signée du président du Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), du président du Groupement du patronat malgache (Fivmpama) et du président de la Confédération des travailleurs de Madagascar (CTM) et adressée à la ministre en charge du Travail, cette nomination devrait être précédée de la dissolution du Conseil d’administration et du directeur général. Evoquant l’urgence de la situation, les signataires de la lettre en date du 21 Mai souhaitent que la procédure soit bouclée dès cette semaine.
Pour les signataires de la lettre, les trois administrateurs provisoires collégiaux devraient être proposés par chacune des parties prenantes, notamment l’Etat, les groupements professionnels et les syndicats des travailleurs. Ils auraient pour mission de gérer les affaires courantes de la Cnaps ainsi que de diligenter un audit des investissements des trois dernières années. Ils pourraient également « identifier les éventuelles failles dans les procédures et de proposer des mesures correctives », précise le communiqué conjoint. Celui-ci précise que le mandat des administrateurs devrait durer trois mois.
La question d’abrogation de la nomination du directeur général de la Cnaps avait déjà été soulevée par les organisations syndicales regroupées au sein de Randrana sendikaly depuis que l’affaire avait été rendue publique. Barson Rakotomanga, l’un des leaders du mouvement syndical, indique soutenir l’initiative des trois représentants des partenaires sociaux signataires de la lettre. Il rappelle avoir déposé une lettre en ce sens auprès des deux ministères de tutelle de la Cnaps afin de suspendre provisoirement toute sortie d’argent au sein de cet organisme, à l’exception du paiement des prestations sociales.
Si dans un communiqué publié la semaine dernière, les groupements patronaux avaient mis l’accent sur la présomption d’innocence, ils n’en insistent pas moins sur l’urgence de cette procédure « afin de préserver l’intérêt des différentes parties prenantes », comme l’indique Rémi Botoudi, président du CTM, joint au téléphone. Dans leur lettre, les dirigeants des partenaires sociaux disent réitérer « leur condamnation de tout détournement des cotisations des employeurs et des travailleurs destinées au paiement des prestations sociales », et « demandent que les responsables soient traités avec la plus grande rigueur ».
La semaine dernière, le pôle anti-corruption d’Antananarivo avait sorti un mandat de dépôt contre le directeur général de la Cnaps, le président de son Conseil d’administration ainsi que deux de ses membres. Un autre individu considéré comme ayant bénéficié des délits présumés a également été placé en détention préventive dans le cadre de la même affaire. Les cinq prévenus sont entre autres soupçonnés de complicité de détournement de deniers publics, d’abus de fonction ou encire de blanchiment de capitaux.














