Antananarivo, 24 Juin, 16h50 – Une grosse ardoise à épurer. La Jirama a accumulé 1 444 milliards d’ariary de dettes envers ses fournisseurs en carburant en 2023. Cette situation a contraint l’Etat à continuer de subventionner la compagnie nationale d’eau et d’électricité, selon l’exposé de la ministre de l’Economie et des finances, Rindra Rabarinirinarison, lors d’une conférence de presse autour des deux nouveaux programmes qui lie Madagascar au Fonds monétaire international (FMI).
« Normalement c’est à la Jirama de payer ses dettes. Mais nous connaissons la situation financière de cette société, qui ne lui permet pas d’assurer seule le règlement de ces arriérés », explique le grand argentier pour justifier l’appui financier de l’Etat. Aussi, 793 milliards d’ariary sont prévus être amputés du budget pour le règlement des dettes de la Jirama, dans la loi des Finances rectificative (LFR) 2024, indique la ministre Rindra Rabarinirinarison. Le paiement concerne des contrats déjà passés non honorés et non des nouveaux contrats, précise-t-elle.
La Jirama peine donc ainsi à parvenir à une équilibre opérationnel, comme le soulève, de son côté, le ministre de l’Energie et des hydrocarbures, Olivier Jean-Baptiste. Le montant de la facturation des consommations d’électricité des abonnés de la compagnie est inférieur à sa charge d’exploitation. « Et ce sont justement les dépenses en carburant de la Jirama qui pèsent lourd sur sa trésorerie », souligne ce membre du gouvernement. Il insiste alors sur l’importance de la transition énergétique, à travers des grands projets recourant aux énergies renouvelables, pour réduire le recours aux carburants dans la production d’électricité à Madagascar.
La Jirama n’est cependant pas la seule compagnie de production d’électricité au monde à être confrontée à des difficultés financières. Dans son nouveau rapport qui a examiné les résultats de plus de 180 compagnies d’électricité dans plus de 90 pays, la Banque mondiale a rapporté que seules 40 % des compagnies d’électricité dans les pays en développement sont financièrement viables.
« En d’autres termes, 60 % des compagnies d’électricité ne sont pas en mesure de couvrir leurs charges d’exploitation et le service de la dette », soutient cette institution financière. Or « ces difficultés grèvent non seulement les budgets publics tout en privant de nombreux usagers d’un approvisionnement électrique fiable, mais elles dissuadent aussi les investisseurs. Ce qui empêche nombre de compagnies de lever des capitaux privés à un coût abordable pour pouvoir moderniser leurs réseaux », souligne la Banque mondiale.
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