Antananarivo, 27 Mai, 6h30 – “Les criquets sont arrivés à Tolagnaro et ont commencé à infester les rizières”. “Ils vont détruire nos cultures et nous n’aurons pas à manger”. Les appels provenant de Tolagnaro font écho à ceux qui avaient été lancés depuis quelques semaines par les habitants du Sud de Madagascar. Après les districts de la région Atsimo Andrefana Androy, puis d’Amboasary Sud la semaine dernière, c’est Tolagnaro qui a vu les criquets l’envahir à la fin de la semaine, suscitant les inquiétudes des habitants.
Avec l’arrivée de 80 000 litres de pesticides à Toliara en fin de semaine, et l’annonce de l’arrivée d’un deuxième hélicoptère à la fin de ce mois, la reprise des opérations de traitement aérien est fortement attendue. Ce ravitaillement devrait permettre de réaliser des traitements aériens et terrestres dans les zones les plus touchées, notamment dans le Sud du pays, indique d’ailleurs le ministère.
Les bulletins de la lutte antiacridienne de la dernière décade d’avril et de la première décade de mai signalent qu’aucun traitement aérien n’a eu lieu, limitant ainsi fortement les superficies traitées. Dans le bulletin de la deuxième décade, le Centre national de lutte antiacridienne IFVM indique que “l’hélicoptère 5Y-LUZ est immobilisé depuis le 16 avril 2025” en raison du “dépassement de la consommation en heures de vols”.
Jusqu’à cette date, et depuis le début des opérations, l’hélicoptère a effectué 225 heures et 22 minutes de vols, soit un dépassement de cinq heures cinq minutes, selon l’IFVM. Ces vols ont permis de traiter une superficie de 232 070 ha avec 70 470 litres de pesticides. Or, depuis le début de la campagne antiacridienne au mois de janvier de cette année, le ministère de l’Agriculture et de l’élevage rapporte le traitement de 235 000 hectares de terrains infestés
L’acquisition du lot de 80 000 litres de pesticides avait été financée par des organisations onusiennes dont le Fonds central pour les interventions d’urgence (Cerf) et l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ainsi que le Royaume de Norvège. La livraison d’un autre lot de 30 000 litres de pesticides au début du mois de juin est par ailleurs déjà annoncée. Ils serviront au renforcement de la lutte contre les essaims et pour la protection des cultures et des pâturages.
Comme indiqué par le ministère, les experts estiment qu’au moins quatre campagnes successives sont nécessaires pour parvenir à une situation de rémission, vue l’ampleur des infestations. Un programme quadriennal de réponse à la crise acridienne, présenté au mois d’avril, est déjà mis en œuvre. La première campagne consiste à une lutte contre la crise acridienne menée sur 600 000 hectares. Celle-ci avait déjà démarré au mois de janvier et est prévue s’étaler jusqu’au mois de juillet 2025.
La deuxième campagne prévue d’octobre 2025 à mai 2026 concernera 400 000 hectares. S’ensuivront des mesures d’accompagnement du déclin escompté prévues pour la troisième campagne, d’octobre 2026 à avril 2027. La rémission est attendue avec la quatrième campagne programmée d’octobre 2027 à mars 2028.














