Antananarivo, 6 Avril, 18h55 – Veiller à la « poule aux œufs » et en prendre soin. L’Etat ne devrait pas « traire » le secteur privé jusqu’à ce qu’il meure et jusqu’à ce que tout le monde y perde finalement, estime le Syndicat des industries de Madagascar (SIM). Ce groupement professionnel n’entend pas rester parmi les seuls qui paient chaque fois. C’est la raison pour laquelle il appelle à une « taxation raisonnable», comme rapporté par son nouveau président Tiana Rasamimanana lors de l’ouverture de la deuxième édition du Business forum régionaux (BFR) à Toamasina ce jeudi.
C’est sur l’élargissement du taux de pression fiscale qui est faible que l’Etat devrait considérer sa stratégie. Il y a également la formalisation des activités économiques puisque 75% d’entre elles sont dans l’informel à Madagascar, estime le président du SIM. « Nous ne voulons pas rester continuellement les seuls qui paient et que ça se retourne après contre les industriels et le secteur privé en général », lance-t-il.
Le Syndicat des industries plaide aussi pour une « taxation intelligente ». Cette taxation devrait se baser sur une taxation juste et loyale pour tout le monde, explique Tiana Rasamimanana. « Ce qui sous-entend que le secteur privé accepte de payer ce qu’il doit à l’Etat. Les opérateurs économiques qui les versent s’attendent en retour à voir où vont réellement aller les taxes, quelles sont les réalisations de l’Etat avec les recettes pour que tout le monde puisse en bénéficier », poursuit-il.
Le président du SIM estime que l’Etat devrait considérer les attentes du secteur privé si l’intention réelle des deux parties est de développer le secteur économique à Madagascar. Il trouve « incompréhensible » que le pays dispose de toutes les ressources nécessaires alors que le taux d’industrialisation est encore en dessous de 15%.
Bien qu’il se réjouisse d’un dialogue public-privé franc depuis ces quatre dernières années, notamment dans le processus d’élaboration des Lois des finances, le nouveau président du SIM regrette que seules deux doléances sur les dix soumises pare secteur privé aient été satisfaites . « Ce qui n’est pas juste à notre avis car ce que nous demandons n’est pas quelque chose d’irréalisable », avance-t-il.
Le SIM admet toutefois que l’Etat n’est pas le seul à avoir un rôle à jouer dans le développement économique de Madagascar. Il y a également le secteur privé dont il reconnaît le rôle. L’Etat doit, selon Tiana Rasamimanana, garantir la mise en place des infrastructures routières ou énergétiques. Il doit également garantir la sécurité des biens et personnes et mettre en place les cadres réglementaires adaptés. Le secteur privé, dont les industriels pour leur part doivent produire, transformer, innover, distribuer, exporter. Ces membres doivent assurer une bonne gestion, dont entre autres le paiement de taxes.
Pour le président du SIM, l’Etat et le secteur privé doivent se mettre d’accord sur une feuille de route. Chacune des deux parties doit respecter ses engagements, en tenant compte de la continuité de l’Etat, conclut-il.
Photo : Governora Faritra Atsinanana














