COMMERCE – Auditions publiques pour trancher sur le préjudice industriel des importations de tubes plastiques et produits céréaliers

Choc des intérêts à la table de l’Autorité nationale chargée des mesures correctives commerciales (ANMCC). Deux journées d’auditions publiques seront consacrées aux tubes et tuyaux en matières plastiques ainsi qu’aux pâtisseries sèches et les céréales pour petit-déjeuner, la semaine prochaine. Ces audiences s’inscrivent dans le cadre de la procédure d’enquête de sauvegarde engagées sur ces produits. Il s’agira de déterminer si les importations causent réellement un préjudice grave pour la Branche de production nationale (BPN) et à justifier une éventuelle application de mesures de sauvegarde, selon les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

 

L’audience publique dans le cadre des mesures de sauvegarde OMC est essentielle pour garantir une participation active des parties intéressées dans le processus décisionnel. C’est durant cette enquête que les importateurs, exportateurs et autres parties intéressées peuvent présenter des éléments de preuve et des vues. “Toutes les parties auront l’opportunité de faire entendre leur voix dans un cadre transparent et contradictoire”, avance la direction générale de l’ANMCC.

 

Les industriels locaux dans l’agroalimentaire vont ainsi confronter leurs positions à celles des importateurs de pâtisseries sèches et les céréales pour petit-déjeuner. Ceux qui travaillent sur les tubes et tuyaux en matières plastiques défendront, de leur côté, les intérêts de la production locale. La participation de représentants d’opérateurs étrangers, notamment mauriciens et européens, aux échanges est également annoncée. De même que des institutions publiques telles que la Jirama, les ministères sectoriels et la direction générale des Douanes (DGD).

 

Le débat confronte déjà deux visions opposées. D’un côté, les industriels locaux s’alarment d’une explosion des importations menaçant leur survie. Celle-ci ont suivi une trajectoire haussière, s’établissant en 2024 à 4 134 tonnes pour les pâtisseries sèches et céréales pour petit-déjeuner et à 4 174 tonnes pour les tubes, tuyaux et accessoires en matières plastiques. Les requérants préviennent que “nous assistons à une érosion progressive des parts de marché. Si aucune mesure n’est prise, certaines unités de production locales pourraient fermer, avec des pertes d’emplois à la clé”.

 

De l’autre, les importateurs défendent la liberté commerciale. Ils affirment notamment que “les importations répondent à une demande réelle et contribuent à la compétitivité du marché”. Ils disent qu’il faudrait “éviter des mesures qui pénaliseraient les consommateurs”.

 

“Le respect du contradictoire est fondamental. Sans cela, toute mesure de sauvegarde pourrait être contestée”, insiste la direction générale de l’ANMCC. D’où l’importance des auditions publiques, qui permettront d’examiner si les trois conditions clés sont réunies, à savoir l’accroissement notable des importations, le dommage grave subi par la branche nationale et un lien de causalité entre les deux.