L’administration publique avance dans sa modernisation. Elles sont déjà 14 institutions à être interconnectées via le Système d’échange national (SEN), piloté par l’Unité de gouvernance digitale. Le réseau est amené à s’étendre à des secteurs vitaux tels que la santé, l’éducation ou l’état civil, afin de simplifier durablement le parcours des usagers selon ce qui avait été annoncé lors du lancement de l’Interopérabilité nationale, mardi.
Ce système est conçu pour permettre un partage de données fluide, sécurisé et traçable entre les institutions. La plateforme dispense notamment les usagers de la répétition fastidieuse des mêmes informations. “Ce n’est d’ailleurs pas au citoyen de pallier les lacunes de l’administration, mais à l’État de se mobiliser pour simplifier la vie de ses administrés”, lance le ministre du Développement numérique, des postes et de la télécommunication, Mahefa Andriamampiadana. Aussi, plus qu’une simple plateforme supplémentaire, il s’agit d’un choix stratégique qui met fin au travail en silo pour bâtir une administration unifiée, collaborative et connectée, explique-t-il.
Avec ces 14 institutions déjà connectées, le Programme de réformes pour l’efficacité de l’administration (Prea) rapporte à ce jour plus de 162 000 échanges enregistrés. Ce système soutient également des services opérationnels majeurs tels qu’Orinasa, Lucy, Hetra Online, le Registre national du commerce et des sociétés (RNCS) et le SRNE.
L’ambition du projet ne s’arrête pourtant pas là. Le SEN prévoit une extension prochaine vers des secteurs vitaux comme la santé, l’éducation, l’état civil et la sécurité sociale. Il est même prévu s’ouvrir progressivement aux acteurs privés des banques, des assurances et des télécommunications. Ainsi, à terme, cette interconnexion généralisée dessine les contours d’un État plus agile et performant, résolument tourné vers les besoins de ses citoyens.
C’est l’Unité de gouvernance digitale (UGD) qui est mandatée pour assurer cette interopérabilité. Pour le citoyen, cette initiative devra se traduire par un État accessible, une réduction drastique de la paperasse et un suivi fluidifié par des dossiers partagés en temps réel. Les entreprises bénéficient, quant à elles, de procédures simplifiées et d’un climat des affaires plus attractif grâce à la suppression des frictions entre administrations.
Ce système devra par ailleurs renforcer l’efficacité de l’État en garantissant la qualité des données publiques, une meilleure planification politique et une lutte plus rigoureuse contre la fraude.
Mais cette dynamique s’inscrit surtout dans une vision à long terme. L’UGD ambitionne alors de déployer une plateforme nationale souveraine d’ici 2030. Ce qui aura comme mission de connecter l’ensemble des systèmes ministériels, et de garantir un service public moderne et accessible sur tout le territoire.














