Antananarivo, 20 Août, 6h31 – Les exportateurs de vanille vont pouvoir expédier leurs marchandises à partir du 15 Septembre. Ils auront jusqu’au 31 Mai pour tout envoyer. « La date d’ouverture de l’exportation de vanille de Madagascar s’étalera du 15 Septembre 2020 au 31 Mai 2021 pour la campagne 2020-2021 », annonce le ministère de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat (Mica) dans un communiqué publié mercredi.
?Pour pouvoir exporter leurs gousses, les exportateurs doivent néanmoins avoir trouvé des acheteurs internationaux de vanille à 250 dollars le kilo. Dans son communiqué, le ministère rappelle « le prix de référence minimum à 250 dollars FOB par kilo ». « Ce prix est applicable sans dérogation tout au long de la campagne 2020-2021 », martèle le Mica, exhortant « tous les acteurs au respect des règles établies » et rassurant « les acheteurs internationaux de la stricte application de ce prix ».
⭕️Ce prix de référence FOB ne reçoit pourtant pas l’adhésion d’un collectif d’exportateurs qui avait déjà dénoncé une « décision qui va à l’encontre de l’avis d’une majorité des opérateurs de la filière », une « stratégie contreproductive même à court terme » et « hypothéquant l’avenir de la filière », en Juillet, . Pour ce collectif, le prix de référence fixé par les autorités n’a « aucune base économique fondée ou stratégique » et est ‘en totale contradiction avec une demande mondiale en berne ».
⭕️Les exportateurs réunis au sein du collectif craignent surtout des effets pervers, comme la vente des cuts, produits de basse qualité, au même prix que la vanille noire de bonne qualité, ou encore l’accumulation des stocks en fin de campagne faute d’acheteurs. A cela s’ajoutent le risque d’un « intérêt grandissant des acheteurs pour les autres origines qui sont moins chères et qui produisent davantage chaque année », et l’éventualité d’un crash sur les prochaines campagnes.
⭕️Les exportateurs signataires du communiqué de Juillet s’indignent également d’une mauvaise répartition des retombées économiques, avec les paysans comme « grands perdants ». Ils rappellent que les paysans ont, en effet, vendu leur vanille verte à 65 000 ariary à l’issue de négociations libres entre producteurs et acheteurs, « un prix de marché qui va sortir des gousses à 150 dollars le kilo ». Une fois préparée, la vanille va pourtant être vendu 100 dollars plus cher, un gap dont les paysans ne profiteront pas. Le prix va surtout susciter « l’arrivée d’intervenants opportunistes et spéculateurs dans la filière », s’inquiète le collectif.














