COMPÉTITIVITÉ CONTINENTALE – Madagascar se fait distancer en Afrique en matière de développement industriel, note la BAD

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Madagascar en recul net de cinq places sur l’Indice de l’industrialisation en Afrique 2025. La Grande Île glisse ainsi du 33ᵉ au 38ᵉ rang continental entre 2010 et 2024. Publié par la Banque africaine de développement (BAD), ce rapport évalue les dynamiques industrielles de 54 pays du continent africain sur cette période.

La Libye, le Lesotho, Cabo Verde, São Tomé-et-Príncipe, le Niger, le Botswana, la Guinée équatoriale, le Soudan, les Seychelles, le Mali et Madagascar ont enregistré les reculs les plus marqués au classement, en perdant cinq places ou plus. La plupart de ces pays ont pâti d’une dégradation de la performance de leur secteur manufacturier ainsi que d’un ralentissement dans le renforcement des facteurs clés du développement industriel.

Madagascar s’est distingué en ayant amélioré son score dans l’ensemble des dimensions, mais à un rythme plus lent que ses concurrents, ce qui explique sa perte de places au classement. Entre 2010 et 2024, le pays glisse du 33ᵉ au 38ᵉ en Afrique, après avoir transité par la 34ᵉ position en 2022 et s’être stabilisé à la 38ᵉ place à partir de 2023. Pourtant, sur le plan absolu, l’indice de performance globale de Madagascar s’est amélioré, progressant de 0.4719 en 2010 à 0.4912 en 2024, avec un pic intermédiaire à 0.4991 en 2022.

Ce déclin au classement ne s’explique donc pas par une régression de ses capacités industrielles, mais par un problème de vitesse, d’après ce rapport de la BAD. Contrairement à d’autres nations de la liste dont les moteurs industriels se sont détériorés, Madagascar se distingue par une amélioration constante de ses scores dans toutes les dimensions de l’indice. Cependant, cette dynamique positive s’est opérée à un rythme nettement plus lent que celui de ses concurrents directs, condamnant le pays à perdre des rangs face à des économies plus agressives et plus rapides dans leur développement industriel.

D’après les sous-indices présentés dans ce rapport, Madagascar se positionne dans le milieu de tableau africain, devançant de peu des pays comme le Malawi et le Rwanda, en matière de “variables de performances”. C’est dans ce domaine que l’île affiche sa position relative la plus encourageante, confirmant une certaine résilience de ses capacités de production et d’exportation manufacturière par rapport à ses autres indicateurs.

La situation devient, en revanche, nettement plus préoccupante concernant les leviers de développement. Pour ce qui est des “déterminants directs”, qui englobent les facteurs de production et les intrants essentiels à l’industrie, Madagascar glisse vers le bas du classement, se situant juste en dessous du Burkina Faso et à un niveau comparable à celui du Zimbabwe.

Et le constat le plus critique concerne les “déterminants indirects” liés à l’environnement des affaires, aux infrastructures et au cadre macroéconomique. Dans cette catégorie, la Grande Île s’effondre littéralement pour se retrouver tout en bas de l’échelle continentale, reléguée parmi les tout derniers pays du classement aux côtés des Comores et juste devant São Tomé-et-Príncipe.