Un chiffre qui fait réfléchir sur l’existence des armes à feu qui circulent est constaté alors que la source de leur provenance n’est pas très claire.
L’insécurité et la prolifération des armes sont liées, du moins pour le cas de Madagascar. « 95% des crimes (…) tels que les cambriolages, les vols de bœufs, les kidnappings, etc. se font toujours avec des armes », constate le général de division Njatoarisoa Andrianjanaka, commandant de la gendarmerie nationale, lors de la conférence sur les armes légères, à Soanierana mercredi.
Dans une certaine mesure, le chiffre concernant les armes à feu récupérées en trois ans éclaire les propos de l’officier général. Durant cette période, les autorités avaient saisi 92 armes de guerre dont 26 kalachnikovs, pourtant destinés exclusivement aux forces de l’ordre.
Par ailleurs, un autre chiffre, qui fait réfléchir, est soulevé durant la conférence. Entre 2013 et 2018, rien qu’à Fianarantsoa, 1010 fusils ont été enregistrés. Pour tout Madagascar, il y a 54 927 fusils recensés.
Dans son intervention le commandant de la gendarmerie soutient la non-maîtrise de l’importation d’armes à feu derrière ce bilan. « Beaucoup d’armes à feu sont entrées à Madagascar de manière illégale. Il y en a beaucoup qui n’ont jamais été vendues par Neron [magasin autorisé à importer et à vendre certains types d’armes à feu] mais qui ont eu des autorisations légales », établit l’officier général. Ce qui conduit à l’hypothèse d’un blanchiment d’armes dans la Grande île.
Le gouvernement confirme la circulation d’armes de guerre. « Des personnes sensibilisées ont déjà rendu des armes de catégories I qui ne doivent pas être utilisés par les particuliers », glisse le Vice-Amiral Marie Jean Lucien Rakotoarisoa, secrétaire général du ministère de la Défense nationale, faisant part des résultats du « mois de l’amnistie des armes à feu », initié par les autorités.
Le contournement de la loi concernant l’enregistrement des armes à feu facilite leur circulation illégale. « Le texte relatif à la délivrance des autorisations de port d’armes n’est pas respecté. C’est pourquoi les malfaiteurs obtiennent facilement ces armes », déplore le général Njatoarisoa Andrianjanaka. Pour ce qui est des armes de guerre, les crises politiques avaient toujours été avancées pour expliquer leur circulation sur le territoire.
À un moment donné, le niveau de l’insécurité est tel que certains députés sont allés jusqu’à caresser l’idée d’une facilitation de l’acquisition des armes pour les citoyens pour se défendre face aux bandits armés. Mais l’idée avait été balayée du revers de main par l’Exécutif, arguant l’accroissement du risque d’escalade de violence au sein de la société.
Pour faire face à la circulation non-contrôlée des armes à feu, le commandant de la gendarmerie propose une piste de solution. « Un changement du système de contrôle au niveau de la défense et de la sécurité est nécessaire pour éviter le blanchiment des armes qui est très répandu actuellement. Cela devrait également permettre d’éviter que ce trafic ne prenne pas une ampleur particulière», prône-t-il. Une initiative visant rendre plus efficace la procédure pour répertorier les armes à feu avait déjà fait son chemin au sein des forces de l’ordre.














