Antananarivo, 25 Juin, 10h05 – Bien que le secteur privé soit conscient de la nécessité d’aller de l’avant, l’année 2023 restera pour lui une année d’attentisme. « Il est clair que nous n’avons pas encore de visibilité sur la période électorale et post-électorale. Comme tout investisseur, nous faisons attention puisque nous ne voulons pas prendre énormément de risque », a exposé le président du Syndicat des industries de Madagascar (SIM), Tiana Rasamimanana, en marge d’un évènement organisé par la Banque mondiale.
Dans le secteur bancaire également, la Banky Foiben’i Madagasikara (BFM) qui a enquêté auprès des 12 banques territoriales du pays a rapporté que 67% d’entre elles estiment que le développement de leurs activités serait principalement limité par les incertitudes liées au contexte socio-politique.
Selon les résultats de cette enquête entreprise par la BFM, les banques prévoient une conjoncture économique difficile en raison de la poursuite des perturbations engendrées par la crise en Ukraine. Le contexte politique y jouera beaucoup, dans la mesure où 2023 est une année électorale pour Madagascar d’une part, avec les élections qui risquent de provoquer des instabilités sociales et politiques qui toucheront l’économie. Mais il y a aussi le retard de l’exécution des dépenses publiques, d’autre part, qui risquent de ralentir la croissance économique en général et le développement du secteur privé en particulier.
La probabilité d’un mécontentement social et d’une instabilité politique est élevée, d’après ce qui est exposé dans la Matrice d’évaluation des risques (MER). Cette matrice reflète l’avis des services du Fonds monétaire international (FMI) sur les sources des risques et sur le niveau général de préoccupation qu’ils ont ressenti lors de leurs échanges avec les autorités malgaches dans le cadre de la seconde revue du programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC).
L’impact de la hausse du chômage et l’augmentation du prix des produits de première nécessité pouvant déclencher des troubles sociaux et entravant l’activité économique était néanmoins jugé faible à l’époque selon cette matrice. C’est également le cas de l’impact de l’instabilité et la polarisation croissante de la société à la veille de l’élection présidentielle de 2023, qui affaiblissent l’action publique et qui nuisent à la confiance.
