Antananarivo, 1er Février, 7h20 – Le fait que des personnalités soupçonnées de corruption ne soient ni poursuivies ni jugées, et donc pas condamnées est l’une des raisons qui amènent l’opinion à croire que la corruption règne à Madagascar. « La persistance de l’impunité, due notamment aux immunités accordées aux personnes politiquement exposées, couplée à l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques » constitue l’une des trois principales raisons avancées par Transparency International/Initiative Madagascar (TI/IM) pour expliquer la stagnation du score malgache malgré des avancées au niveau institutionnel. C’est ainsi que l’organisation recommande que les privilèges et immunités accordés aux personnes de pouvoir soient abolis.
A Madagascar, les hautes personnalités et les hauts responsables de l’administration ne sont pas tous justiciables du droit commun, et leur poursuite nécessite parfois des mesures particulières avant de pouvoir être enclenchée. De nombreux anciens ministres, soupçonnés de corruption, ne sont ainsi pas poursuivis dans la mesure où leurs dossiers restent bloqués au niveau de l’Assemblée nationale. Depuis plusieurs mois, les députés refusent d’adopter les propositions de résolution de mise en accusation de ces personnalités, empêchant ainsi la procédure de se poursuivre. Des affaires impliquant des parlementaires et fortement médiatisées n’ont par ailleurs aucune suite, les élus hésitant à autoriser la poursuite de leurs pairs, bénéficiant de l’immunité parlementaire.
Pour l’année 2022, même si la Grande île a gagné cinq places par rapport à 2021 sur le classement de l’Indice de perception de la corruption (IPC), sa note n’a pas changé. Le score est resté de 26/100 alors que le classement est passé de 147ème à 142ème. TI/IM parle d’un « gain virtuel de cinq places » mais d’un « score [qui] n’a pas évolué de façon significative d’un point de vue statistique depuis 2012, année où l’IPC a fait l’objet d’une révision méthodologique majeure ».
Photo : TI-IM














