Antananarivo, 18 Juillet, 8h40 – Une faille signalée. La Banque mondiale soulève une fragilité de la gouvernance à Madagascar. Une situation qui “exige des actions immédiates”, d’après ce qu’expose cette institution de Bretton Woods dans son rapport d’Evaluation des politiques et des institutions en Afrique (CPIA) 2024. Ce rapport qui fournit une évaluation de 39 pays admis à bénéficier des financements de l’Association internationale de développement (IDA) en Afrique subsaharienne pour l’année civile 2023, a été publié mardi.
C’est dans la “gestion et institutions du secteur public”, un des quatre domaines évalués dans la CPIA, que Madagascar avait d’ailleurs enregistré sa plus mauvaise performance avec une note de 2,7 sur 6. Les pays étant classés sur une échelle de 1 à 6, allant de faible à élevé.
Cette note de 2,7 de Madagascar dans ce domaine est inférieure à la moyenne des pays emprunteurs de l’IDA qui est de 2,9 sur 6. Concernant les critères qui le composent, la Grande île avait obtenu une note 2,5 pour les droits de propriété et gouvernance fondées sur les règles. Sa note était de 2,5 pour la qualité de la gestion budgétaire et financière, 3,5 pour l’efficience de la mobilisation de recettes, 2,5 pour la qualité de l’administration publique et 2,5 pour la transparence, la redevabilité et corruption dans le secteur public.
Pour renforcer la gouvernance du secteur public, la Banque mondiale préconise des actions immédiates. Elle avance entre autres le renforcement du système juridique et judiciaire, l’application des droits de propriété et l’amélioration de la transparence ainsi que la redevabilité dans les institutions du secteur public. La Banque mondiale souligne cependant dans son rapport que la difficulté de garantir les droits de propriété foncière devient un obstacle majeur à la croissance inclusive et durable.
C’est dans le domaine de la « gestion économique » que Madagascar a par contre obtenu sa meilleure note, 3,7 sur 6, une note qui est au-dessus de la moyenne de l’Afrique de l’Est et australe et celle des pays emprunteurs de l’IDA.
La Banque mondiale rapporte que Madagascar avait poursuivi la mise en œuvre de réformes visant à renforcer son cadre de politique monétaire et de change. Elle souligne également que « la coordination entre la gestion de la dette et les politiques macroéconomiques a été solide ». Et dans le domaine de la dette publique, la production de statistiques complètes, la stratégie annuelle de gestion et le cadre juridique clair pour les emprunts constituent des évolutions positives, poursuit-elle.
Pour les deux autres domaines, Madagascar avait obtenu une note de 3,3 sur 6 pour ses « politiques structurelles », tenant en compte le commerce (4 sur 6), le secteur financier (3 sur 6) et le cadre réglementaire des entreprises (3 sur 6). Pour le domaine des “politiques en faveur de l’inclusion sociale et de l’équité”, la Grande île avait obtenu une note de 3,3 sur 6. Plusieurs indicateurs avaient été évalués dans ce domaine, dont l’égalité de sexe (4 sur 6), l’équité dans l’utilisation des ressources publiques (3 sur 6), la valorisation des ressources humaines (3,5sur 6) la protection sociale et main-d’œuvre (3 sur 6) et les politiques et institutions axées sur la durabilité écologique (3 sur 6).
L’ensemble de toutes ces notes obtenues par Madagascar a fait que sa note globale est restée une nouvelle fois à 3,3 sur 6. C’est la même note générale obtenue par la Grande île dans la CPIA depuis 2017. Pour les trois dernières évaluations, même les notes obtenues par Madagascar dans chacun des critères constituant les domaines évalués n’ont pas bougé.
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