CROISSANCE VERTE – La part du budget de l’Etat affecté à la lutte contre les changements climatiques estimée à 0,74% en moyenne entre 2019-2021, selon le rapport de la Banque africaine de développement

Antananarivo, 17 Novembre, 11h22 – Un domaine sous-financé. Madagascar a consacré en moyenne 1,32% de son budget à la lutte contre les changements climatiques durant la période 2019-2021. En exécution budgétaire, en moyenne 0,74% du budget seulement y était affecté. Les dépenses climat exécutées représentaient moins de 1% du PIB en 2021. Ces chiffres ont été rapportés par la Banque africaine de développement (BAD) dans son Rapport pays 2023 sur Madagascar, axé sur la mobilisation des financements du secteur privé en faveur du climat et de la croissance verte.
Sur un financement climatique total estimé à 424,04 millions de dollars par an entre 2019 et 2020, l’action climatique avait essentiellement été financée au moyen de ressources publiques à hauteur de 95%, soit environ 402 millions de dollars. La part du secteur privé dans ce financement est faible à Madagascar, ne représentant en moyenne que 5 % soit environ 21,45 millions de dollars.
Les besoins de financement pour l’action climatique à Madagascar étaient toutefois estimés à 29 milliards de dollars durant la période 2020-2030, soit 2,64 milliards de dollars en moyenne par an. Ce qui est largement supérieur à ces 424,04 millions de dollars de flux financiers climatiques annuels moyens durant la période 2019-2020. Il en résultait un déficit de financement climatique annuel moyen d’environ de 2,22 milliards de dollars, avance la BAD dans ce rapport.
La BAD estime que le financement climatique à Madagascar nécessite un appui financier important, y compris celui du secteur privé. Cette institution financière estime que les opportunités de financement climatique du secteur privé existent dans le pays.
Une action concertée des parties prenantes est alors nécessaire, d’après la BAD. L’État devrait par exemple renforcer le cadre réglementaire, législatif et institutionnel favorable à l’utilisation des instruments de financement climatiques innovants. Il devrait aussi mettre en place un fonds national climat et mettre en place une réserve de projets verts bancables.
Les Banques multilatérales de développement (BMD) et les Institutions financières de développement (IFD) devraient jouer de leur côté un rôle catalyseur dans la mobilisation des financements climatiques, en fournissant des ressources concessionnelles pour des investissements en faveur de la croissance verte. Elles devraient également fournir des garanties aux institutions financières locales pour diminuer le risque dans les investissements climatiques et renforcer les capacités de l’administration et du secteur privé en matière de croissance verte, avance la BAD.