Antananarivo, 24 Octobre, 10h30 – Un problème majeur qui vient entraver le développement du secteur. La situation se complique pour les opérateurs touristiques qui subissent des coupures d’électricité pouvant aller jusqu’à dix heures par jour. Pour Aina Raveloson, la présidente du conseil d’administration de la Confédération du tourisme de Madagascar (CTM), les contraintes opérationnelles générées par le délestage pénalisent la relance du tourisme sur laquelle ces opérateurs travaillent durement après la crise de la Covid-19 qui a lourdement touché le secteur.
L’instabilité et l’irrégularité de l’approvisionnement en électricité ont plusieurs impacts sur les opérations des entreprises. Selon Aina Raveloson, il est difficile actuellement d’avoir une prévisibilité sur la disponibilité de l’énergie. Les opérateurs subissent la plupart du temps des coupures qui ne sont pas programmées ou en dehors du planning communiqué par la Jirama. Ils ont ainsi du mal à s’organiser, à planifier leur travail ou encore à gérer leurs employés. Cette situation ne concerne pas seulement les hôtels ou les restaurants mais à plus forte raison les autres métiers comme les agences de voyage et les tours opérateurs, expose-t-elle.
Le délestage a également un impact financier, puisque le recours à l’utilisation de matériels de production d’énergie comme les groupes électrogènes ou encore le système solaire constitue une charge supplémentaire pour les entreprises et fait augmenter leur coût d’exploitation. Aussi, dans un contexte inflationniste, les opérateurs sont contraints de répercuter ces coûts imprévus sur leurs prix pour ne pas tourner à perte, poursuit Aina Raveloson.
Or, ce ne sont pas tous les opérateurs touristiques qui ont les moyens d’acquérir des équipements pour leur autonomie en énergie, fait remarquer la PCA de la CTM. Faute de pouvoir répondre aux attentes des clients vu leur dépendance aux services de la Jirama, des membres de cette confédération auraient enregistré une baisse de chiffres d’affaires, avec les annulations de réservation ou de séjour entre autres, regrette notre interlocutrice.
Il y a également l’insécurité, favorisée par les coupures d’électricité. La CTM parle de cambriolage ou d’attaque, dont sont notamment victimes ceux qui doivent travailler tard le soir.
Il est alors difficile de se projeter dans un nouvel investissement si des services de base comme l’électricité ne sont pas disponibles correctement dans les sites d’implantation prévues, soutient Aina Raveloson. « Le problème d’approvisionnement en énergie ou en eau devient un point de blocage majeur dans la décision d’extension ou d’investissement dans de nouveaux projets », lance-t-elle. L’Etat est ainsi appelé à considérer les secteurs de l’eau et de l’énergie parmi ses priorités. « Nous ne pouvons pas accepter que ce soit une situation qui va encore perdurer dans plusieurs années. La question n’est pas de s’adapter à la problématique du délestage mais de résoudre ce défaut de service public », souligne la PCA de la CTM.
Le secteur privé avait auparavant déjà avancé des solutions qui peuvent se présenter comme solution à court termes au problème actuel de l’approvisionnement en énergie. La division des zones, avec un planning tournant de priorisation de fourniture d’électricité et d’un planning de délestage avec un délai de prévenance fixe et respecté par la Jirama avait par exemple été proposée. Tout comme l’allocation de subventions, l’augmentation des aides fiscales ou encore l’appui aux entreprises dans l’autoproduction d’électricité et la mise en vente de leur surplus de production.
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