“Qui est responsable de la pauvreté qui nous frappe ici à Madagascar ?” C’est la question qu’a posée le cardinal Désiré Tsarahazana, dimanche 30 Novembre, lors de son homélie à la cathédrale Saint Joseph Toamasina. Il n’a pas hésité à répondre avec franchise et fermeté. “Nous, les chrétiens, en sommes responsables”, lance-t-il devant les fidèles réunis pour la célébration du premier dimanche de l’Avent.
D’après le prince de l’Eglise, la majorité des sphères de décision et d’influence du pays se revendiquent chrétiens, pourtant le pays s’enfonce dans la pauvreté. “95, 98 % de tous les services et institutions sont dirigés ou occupés par des personnes qui se disent chrétiennes. Les responsables de l’État, les entrepreneurs, les acteurs sociaux et économiques, jusqu’aux leaders d’opinion, tous se réclament du christianisme. C’est la réalité”, regrette t-il.
Le cardinal déplore une foi trop souvent limitée à des apparences ou à des pratiques superficielles, loin d’une véritable transformation personnelle et collective. Pour le prélat, la vraie foi doit se traduire par un changement de vie, un engagement sincère et cohérent, “Quand nous prions,nous ne faisons que du cinéma. La vraie foi, c’est le changement de vie”, martèle-t-il. L’archevêque de Toamasina appelle ainsi les fidèles à une profonde remise en question et à une conversion authentique, afin que leur engagement chrétien contribue réellement au développement du pays.
Ce n’est pas la première fois que le cardinal Tsarahazana s’interroge sur l’authenticité de la foi des chrétiens à Madagascar. Au mois d’avril dernier, alors qu’il s’est rendu à Rome pour les obsèques du Pape François, le prélat de l’Église catholique à Madagascar avait déjà évoqué ce sujet. Il avait déclaré que malgré le fait que la plupart des dirigeants du pays soient des chrétiens de diverses confessions, Madagascar continue de s’enfoncer dans la corruption et l’injustice sociale. “Pourquoi notre pays s’enfonce-t-il, s’enfonce-t-il, s’enfonce-t-il ? Il doit y avoir un problème avec notre foi », avait déclaré le Cardinal Désiré Tsarahazana dans un reportage de l’Aide à l’Église en détresse du lundi 28 avril.














