Antananarivo, 30 Juin, 14h30 – La souveraineté de Madagascar sur les Îles Éparses à réclamer, selon des organisations de la société civile et le syndicat des enseignants-chercheurs et chercheurs enseignants (Seces Antananarivo). Alors que la deuxième réunion du comité mixte franco-malgache sur les îles Éparses s’ouvre ce lundi à Paris, la société civile malgache appelle à une reconnaissance pleine et entière de la souveraineté de Madagascar sur l’ensemble de ces îles situées au large des côtes malgaches, dans le Canal de Mozambique.
Dans un communiqué publié samedi, plus de 900 organisations de la société civile ont signé une déclaration commune rappelant que “les Îles Éparses sont une partie intégrante et inaliénable du territoire de la République de Madagascar”. Elles appellent ainsi à “une reconnaissance claire, inconditionnelle et sans équivoque de la souveraineté de Madagascar sur l’ensemble des îles concernées”.
Dans leur déclaration, les OSC dénoncent “la présence continue de la France sur ces îles”, qu’elles qualifient d’“anomalie historique, juridique et politique” incompatible avec “un ordre international fondé sur la justice, la souveraineté des peuples et la fin du colonialisme”. Elles estiment que cette situation “constitue une injustice manifeste et demeure politiquement inacceptable pour un État souverain”.
Le Seces Antananarivo estime même dans une déclaration publiée, dimanche, que la France devrait “verser des compensations aux Malgaches pour les 130 années d’occupation des Îles Éparses parses”. Les enseignants syndiqués de l’Université d’Antananarivo soulignent que “la promotion continue de la cogestion est une trahison de la patrie commune”.
A Paris, la délégation malgache pour cette deuxième réunion est dirigée par Rasata Rafaravavitafika ministre des Affaires étrangères, composée de huit membres. Cette délégation comprend également le ministre de la Pêche et de l’économie bleue Paubert Mahatante, des juristes, des experts en environnement et économie bleue, ainsi que des représentants de la Présidence et d’institutions scientifiques. Cette délégation devait apporter devant son homologue française des arguments techniques et historiques permettant à défendre la souveraineté de Madagascar, tout en avançant dans les discussions comme l’avait indiqué le président de la République.
En 2019, les discussions n’ont pas pu avancer, la Grande île ayant réclamé la reconnaissance de la souveraineté avant toute autre considération, alors que la France n’a pas souhaité évoquer le sujet, venant avec une proposition de cogestion. En avril 2025, la France semble vouloir rester sur sa position, Emmanuel Macron estimant “picrocholin” le débat sur la souveraineté mais insistant sur la question de la cogestion. Andry Rajoelina, lui, a indiqué vouloir avancer sur le sujet, sans évoquer clairement si la question de la reconnaissance de la souveraineté de Madagascar sur les Îles Éparses restait une condition des échanges.
