La Russie confirme une coopération avec Madagascar qui veut aller au-delà du domaine militaire et sécuritaire. Dans le cadre de la coopération commerciale et économique qu’elle entend élargir, elle évoque de nombreuses perspectives, incluant “l’énergie, les transports, l’exploration géologique, l’extraction et la transformation des ressources naturelles”. Le sujet d’un appui à l’industrialisation de Madagascar et de l’Afrique en général a été évoqué à l’issue de la rencontre du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avec son homologue malgache Alice N’Diaye vendredi à Moscou.
Pour la Russie, il s’agit de revenir à la vision qui, selon elle, avait déjà été développée du temps de l’Union soviétique aux lendemains des indépendances africaines. A entendre le ministre russe, l’Union soviétique avait, à l’époque, “adopté une stratégie de promotion de l’industrialisation” en aidant les pays africains “à renforcer leur structure étatique en créant les fondements de l’industrie nationale, du secteur agricole, des systèmes d’éducation et de santé”. Il évoque, lors d’une conférence de presse conjointe avec Alice N’Diaye, “des centaines d’entreprises industrielles construites, permettant de transformer les matières premières, dont le continent africain est très riche, en produits finis et de leur apporter une valeur ajoutée”.
Avec les nouvelles relations qui se sont développées avec l’Afrique depuis le début des années 2000, la Russie affirme alors vouloir “revenir à une stratégie visant à garantir l’autosuffisance de [ses] amis africains”. “Nous avons l’opportunité de mettre en œuvre des projets concrets”, assure Sergueï Lavrov qui souligne que “les mesures concrètes pour la mise en œuvre de cette stratégie seront au centre du troisième Sommet Russie-Afrique qui se tiendra à Moscou en octobre 2026” et auquel il dit avoir reçu la confirmation de la participation du président de la Refondation, le Colonel Michaël Randrianirina.
Les domaines qui seront explorés dans le cadre de cette coopération commerciale et économique seront ceux de “l’énergie, y compris l’énergie nucléaire, et l’alimentation, mais aussi des technologies numériques, l’intelligence artificielle et, surtout, l’examen du développement futur de systèmes de paiement fiables et indépendants”, poursuit le ministre russe. Pour les mettre en oeuvre, il met entre autres en avant la dette contre le développement. “Nous utiliserons les fonds qui nous sont dus pour investir conjointement avec les États africains dans leurs économies”, assure-t-il, évoquant les faibles montants des dettes qui n’ont pas été annulés.
Dans sa déclaration, Sergueï Lavrov ne manque pas de tacler les pays occidentaux, notamment la France, qu’il accuse d’“exploiter les ressources naturelles de l’Afrique” et d’en “tirer des bénéfices immenses”. “L’occident produisait lui-même toute la valeur ajoutée aux ressources naturelles africaines et recevait des revenus considérables, disproportionnés à sa contribution au développement du continent africain”, dénonce-t-il, ajoutant néanmoins que ces pays ont été contraints de “quitter la majeure partie du continent africain, mais certains, notamment les Français, conservent encore une présence illégale”.
