Antananarivo, 5 Mai, 15h30 – Première rencontre entre les différents acteurs nationaux et internationaux pouvant agir contre les violences envers les personnes atteintes d’albinisme mercredi. A l’initiative du ministère de la Justice, une réunion a eu lieu au siège du ministère pour effectuer un premier état des lieux de la situation. « Quels sont les chiffres, où les cas sont-ils les plus nombreux, à quel âge les individus atteints d’albinisme sont-ils les plus vulnérables » sont, entre autres, les questions auxquelles des réponses ont été données lors de la réunion.
A partir des réponses, l’idée est ensuite de détailler les stratégies de lutte à mener contre les différentes formes de violence puis de doter le pays d’un plan national d’action de lutte contre ces violences, confie Savatsarah Raby, secrétaire général du ministère de la Justice après la réunion. L’objectif, poursuit-elle, est de « définir les solutions que le gouvernement peut apporter à ce triste phénomène ».
A entendre Savatsara Raby, « Madagascar doit prendre des engagements pour lutter contre ce phénomène ». « Les forces de l’ordre agissent déjà pour les protéger et pour lutter contre le phénomène mais il faut un engagement fort du gouvernement », insiste-t-elle.
Lors de la rencontre de mercredi, la gendarmerie nationale a donné des chiffres sur les cas signalés ces trois dernières années. Le rapport qui en a été fait par la secrétaire général du ministère de la Justice fait état de dix cas d’agression en 2020, huit cas en 2008 et cinq cas au premier trimestre de 2022. A cela s’ajoute les cas qui ne sont pas officiellement recensés parce que non signalés, ainsi que les cas récents, survenus ces dix derniers jours, ajoute-t-elle.
Face à la recrudescence des cas d’agression, d’enlèvement, voire d’assassinat de personnes atteintes d’albinisme, les Nations unies avaient interpellé les autorités malgaches en Mars. Dans des communiqués séparés, le Haut-commissariat aux droits de l’homme et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) avaient alors exhorté les autorités publiques malgaches à prendre des mesures immédiates pour protéger les personnes atteintes d’albinisme ».
Selon le Haut-commissariat des droits de l’homme, les enfants atteints d’albinisme sont souvent victimes « de mutilations et de démembrements ». Les parties du corps démembré sont, soit utilisées « dans des rituels pour apporter chance et protection », soit utilisées pour alimenter « un trafic transfrontalier » en vue de « servir une clientèle riche et influente », explique-t-il dans son communiqué publié en Mars.














