Antananarivo, 12 Septembre, 8h45 – Le déficit de la balance commerciale se creuse. A la lecture des chiffres publiés sur le site de la Banque centrale, les recettes d’exportations de Madagascar sont en baisse continue alors que les dépenses d’importations, notamment celles des biens de consommation, sont maintenues à un niveau élevé. Conséquences : l’ariary poursuit sa dépréciation face à une faible offre en devises sur le marché interbancaire des devises (MID) et une demande qui reste forte.
Selon les chiffres publiés par la Banque centrale sur son site Web, les recettes d’exportations liées à la vanille durant le premier semestre de 2020 ont connu une diminution de 44% par rapport à la même période en 2019. Celles-ci sont passées de 266,96 millions de dollars de Janvier à Juin 2019, à 147,05 millions de dollars de Janvier à Juin 2020.
Les approvisionnements des comptes des entreprises minières ont également régressé de 17%, passant de 189,04 millions de dollars durant le premier semestre de 2019 à 156,62 millions de dollars à la même période en 2020. Et Covid oblige, « les recettes en devises du secteur tourisme ainsi que celles des entreprises franches sont négligeables », souligne la Banque centrale.
Du côté de la demande, pourtant, les dépenses en devises restent élevées. Bien que les importations des produits pétroliers aient reculé de 22%, celles des biens de consommations sont restées stables. D’une valeur de 445,04 millions de dollars entre Janvier et Juin 2019, elles ont légèrement augmenté jusqu’à 446,67 millions de dollars entre Janvier et Juin 2020.
Avec ce déséquilibre entre l’offre et la demande sur le MID, le cours de l’ariary poursuit sa dépréciation. Vendredi, le dollar s’échange à 3842,41 ariary, l’euro à 4529,34 ariary. Les réserves officielles de change auprès de la Banque centrale restent importantes. Se chiffrant à plus de 2 milliards de dollars, elles « représentent 5,9 mois d’importations de biens et de services », indique la Banque centrale. Un bon niveau qui s’explique « par la rentrée de devises liée au déblocage des contributions extérieures ».
Afin de limiter la dépréciation de la monnaie nationale, la Banque centrale recommande, entre autres, « la promotion de la diversification des exportations et l’industrialisation à travers la production de biens pour lesquels les avantages comparatifs malgaches sont établis par rapport à l’importation ». Elle propose également « la lutte contre les exportations illicites des métaux et pierres précieux et l’intégration des recettes ainsi générées dans le MID ainsi que le renforcement du suivi des opérations d’exportation, de rapatriement et de cession de devises ».