Antananarivo, 10 Octobre, 16h30 – La Banque centrale reste, du moins pour l’instant, impuissante face à l’essor des Fintech, ces entreprises qui, selon une définition communément admise, déploient les nouvelles technologies pour améliorer les activités financières. Elle dit avoir « la volonté de contribuer activement à l’émergence de l’innovation ». Mais pour l’heure, elle confie « ne pas être en mesure d’apporter une appréciation sur les transactions effectuées sur ces nouveaux services ».
La Banque des banques reconnaît pourtant « la multiplicité des risques potentiels inhérents » au secteur. Mais comme ces entreprises ne sont « pas sous la supervision de BFM (Banky Foiben’i Madagasikara », celle-ci préfère prévenir, à demi-mot, le public en disant « estimer que, à ce stade, les services des Fintech s’adressent à un public averti ».
« La complexité des nouvelles technologies, la nouveauté des produits proposés, la qualité de nouveaux entrants des opérateurs » sont autant de points qui semblent bousculer la Banque centrale. Celle-ci préfère donc avancer avec prudence et démarrer avec une « démarche de consultation » et de « dialogue » qu’elle veut « constructif ».
Elle dit donc encore vouloir « mieux comprendre la portée et les enjeux de ces initiatives innovantes ». Son objectif, poursuit-elle, est de « pouvoir accompagner le développement des Fintech dans un cadre plus sécurisé, plus transparent et conforme aux politiques monétaires et aux objectifs de stabilité financière ». Sa mission, rappelle-t-elle est de « veiller continuellement au maintien de la stabilité financière, à la mise en place d’un secteur financier moderne et sécurisé, ainsi qu’à la protection des consommateurs ».
Pour « présenter aux promoteurs la mission de BFM dans cet environnement en pleine effervescence », celle-ci a réuni la semaine dernières les plus visibles d’entre eux et qui ne sont pas sous sa supervision. C’était également l’occasion de « survoler les activités au sein du secteur » qui vont des cryptomonnaies aux nouvelles solutions de paiement, en passant par les portefeuilles virtuels privés, les transferts internationaux etc.
Pour pouvoir poursuivre les discussions avec les promoteurs de ces nouveaux services, BFM leur recommande de « mettre en place une association regroupant les Fintech oeuvrant à Madagascar ». Elle se dit « consciente qu’en cette ère de la transformation digitale, l’innovation est devenue une priorité stratégique essentielle autant pour l’industrie que pour les régulateurs ».
