Antananarivo, 13 septembre, 14h59 – Le collectif des candidats à la présidentielle revient à la charge. Dix candidats à la présidentielle du 9 novembre unissent leur voix pour alerter l’opinion et sollicitent les acteurs de la vie politique à réagir face à ce qu’ils considèrent comme une violation de la loi après l’avis et les décisions rendues par la Haute cour constitutionnelle (HCC) samedi.
« Nous appelons le FFKM [Conseil chrétien des Eglises à Madagascar], en tant que Raiamandreny, à prendre sa responsabilité pour diriger un dialogue de sortie de crise », lancent les signataires de la déclaration, lue par Brunelle Razafintsiandraofa, mercredi. « Nous appelons la communauté internationale à ne pas être complice de la violation de la loi, à prendre les mesures adéquates. Nous exhortons les forces vives et les compatriotes à être jaloux de la souveraineté nationale », poursuivent-ils.
Le collectif des candidats réaffirme sa défiance envers la HCC qu’il considère comme « partiale » après la validation de la candidature du président sortant Andry Rajoelina. Il critique le transfert des pouvoirs au gouvernement et qualifie ce dernier d’« illégal », avec des membres « qui ne cachent pas leur soutien à un candidat ».
Les anciens présidents Marc Ravalomanana, Hery Rajaonarimpianina, les députés Siteny Randrianasoloniaiko, Roland Ratsiraka et Brunelle Razafintsiandraofa, font partie de ce collectif. Il en est de même des anciens ministres Hajo Andrianainarivelo et Auguste Paraina, mais également de Tahina Razafinjoelina, d’Andry Raobelina, et de Jean-Jacques Ratsietison.
Ce collectif des candidats avait déjà déposé une lettre de réserve auprès de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) lundi. «Nous n’accordons plus aucune confiance aux membres de la Haute cour constitutionnelle qui se sont faits complices de ces manœuvres et ont validé ce coup d’Etat institutionnel », avaient fait savoir les dix candidats signataires de la missive.
Florent Rakotoarisoa, président de la HCC, avait donné des explications sur les décisions prises par l’institution qu’il dirige au siège de la Ceni lundi. Il assure que les décisions prises par la HCC sont « conformes aux dispositions constitutionnelles » et que « la prise d’une autre décision aurait conduit à une voie extraconstitutionnelle et une transition ».
Le magistrat de formation indique que les hauts conseillers « ne peuvent pas forcer quelqu’un qui ne le souhaite pas » à prendre le pouvoir, faisant référence à la renonciation du président du Sénat à assurer les fonctions du chef de l’Etat par intérim. La Cour « n’a pas non plus diligenté une enquête » sur cette renonciation, conduisant la HCC à désigner le gouvernement pour diriger d’une manière collégiale le pays en assumant les fonctions de chef de l’Etat par intérim.














