Antananarivo, 10 Juillet, 9h55 – Un produit vendu de plus en plus à perte. Le coût moyen de production de l’électricité de la Jirama est estimé à 1 272 ariary par kWh en 2022. Ce qui constitue plus du double du prix de vente moyen de cette production à ses abonnés, qui est de 550 ariary par kWh. Cette situation ne permet pas à la société de fonctionner sans le soutien du Gouvernement, expose le Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport sur la quatrième revue de son programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC) avec Madagascar.
Les tarifs moyens de l’électricité restent ainsi loin des coûts de production de la Jirama malgré la mise en œuvre de nouvelles structures tarifaires aussi bien pour les ménages malgaches que pour les entreprises. C’est ainsi que les autorités malgaches annoncent dans le Mémorandum de politique économique et financière (MPEF) qu’elles ont préparé dans le cadre de la quatrième revue de la Facilité élargie de crédit (FEC). « D’autres augmentations tarifaires pourraient être mises en œuvre au début de l’année prochaine », peut-on lire dans le document qui précise que cet ajustement est « envisagé après les élections de novembre ».
La mise en œuvre de l’optimisation tarifaire « Optima », l’intensification des efforts de recouvrement et le renforcement de la lutte contre la fraude ont permis de redresser les revenus de la compagnie nationale d’eau et d’électricité. Son chiffre d’affaires a avoisiné les 852 milliards d’ariary en 2022, soit une augmentation de 13% par rapport à 2021, indiquent encore les autorités dans le MPEF. L’optimisation tarifaire pour les clients non résidentiels « Optima business » a également été ensuite mise en œuvre au mois d’août 2022.
Les pertes de la Jirama à fin 2022 sont néanmoins estimées à environ 666 milliards d’ariary, équivalant à 1,1% du PIB de Madagascar, dans un contexte de prix élèves des carburants. Cette société d’Etat a reçu une subvention gouvernementale de 500 milliards d’ariary l’année dernière. La somme de la subvention opérationnelle et des paiements directs aux fournisseurs par le gouvernement pour le compte de la Jirama, y compris pour les réquisitions de carburant, représente environ 857 milliards d’ariary, soit 1,4 % du PIB en 2022.
Afin de réduire les coûts opérationnels de la Jirama, les autorités comptent, par ailleurs, sur les investissements dans les sources d’énergie renouvelables. Ceci tient compte de l’hybridation des centrales thermiques avec des économies annuelles potentielles de 154,5 milliards d’ariary. Il y a également la réparation et l’opérationnalisation de la quatrième turbine à la centrale hydroélectrique d’Andekaleka, avec des économies de 172 milliards d’ariary en 2023 par rapport aux coûts de l’énergie thermique. Puis l’installation des parcs d’énergie solaire dans 46 villes à travers le pays, ce qui pourrait permettre des économies annuelles de 80 milliards d’ariary.
Les autorités indiquent également que des mesures de contrôle de la production peuvent être envisagées à court terme. L’Etat vise à limiter les vols de combustibles et les pertes non techniques d’électricité en s’appuyant sur un nouveau système de contrôle du transport et du stockage des combustibles et en utilisant des systèmes de smart-grid pour détecter les fraudes. Des économies de 11,5 milliards d’ariary sont attendues cette année avec cette disposition. Les autorités finalisent aussi l’installation de compteurs prépayés pour toutes les administrations d’ici fin 2023 afin d’éliminer les arriérés du gouvernement envers la Jirama.














