Antananarivo, 12 Septembre, 11h15 – La cérémonie a pris quelques minutes de retard sur le programme prévu, mais Jean Baptiste Rakotomahefa, éleveur de vaches à Itaosy, ne s’en formalise pas. Avec ses pairs éleveurs, il attend patiemment qu’on lui offre ce qu’il espère depuis longtemps : un bidon à lait aux normes.
Eleveur depuis toujours, il a l’habitude de livrer le lait dans un seau. « C’est risqué. J’ai toujours peur que mon lait se salisse et ne soit plus de bonne qualité quand il arrive chez le client », confie-t-il. Ses clients, ce sont, entre autres, les habitants de son village et des hameaux voisins.
Il y a bien sûr ce collecteur qui vient tous les jours chez lui pour lui acheter son lait. Mais celui-ci ne prend pas tout. Notre éleveur peut produire quotidiennement jusqu’à 80 litres de lait les meilleurs jours. Il doit donc faire le tour de ses voisins pour leur vendre ce qui reste. Et quand il n’arrive pas à tout écouler, il raconte devoir se débarrasser de ce qui reste. « Si personne n’achète, je suis obligé de jeter. Nous sommes quatre à la maison mais nous ne pouvons pas consommer 10 à 15 litres de lait », regrette-t-il.
Comme beaucoup de petits producteurs, ce n’est pas la motivation qui manque à ce père de famille mais le matériel. Il s’accroche donc à tout ce qui peut l’aider à avoir un meilleur accès au marché. Et le bidon bleu de 30 litres, avec un bon couvercle sur une grande ouverture offert par le projet Croissance agricole et sécurisation foncière (Casef) est le bienvenu dans sa ferme. « Maintenant, je peux m’assurer que je vais livrer du bon lait en de plus grande quantité », sourit-il.
Jean Baptiste Rakotomahefa est aussi membre du Malagasy dairy board (MDB), une organisation qui œuvre pour le développement de la filière lait. Il dit l’avoir intégrée pour les formations gratuites que celle-ci offre. Son but, confie ce fils de femier, est de transmettre les meilleures connaissances à ses enfants de façon à ce que ceux-ci puissent assurer la relève « avec de meilleures techniques ».