EMPLOIS – Entreprendre, un choix à oser faire tout en anticipant les risques

Antananarivo, 11 Mars, 7h45 – Des messages réalistes ont été lancés à l’endroit des jeunes qui ont assisté à l’ouverture de la onzième édition de l’Espace jeunes entrepreneurs (EJE). Il y a notamment été relevé que si le salariat ne peut pas satisfaire toutes les demandes d’emplois, entreprendre n’est pas non plus facile. L’entrepreneuriat « n’est pas fait pour tout le monde et encore moins un effet de mode », souligne la directrice générale de la plateforme entrepreneuriale Nexta, Carole Rakotondrainibe. L’entrepreneuriat présente des risques qu’il faut savoir calculer. « C’est pourquoi apprendre le rouage de la gestion d’entreprise, comprendre l’écosystème à Madagascar, le marché local et le marché international s’avèrent indispensable », expose-t-elle.

 

Les incubateurs de startups prennent actuellement le soin de bien sélectionner les porteurs de projets ou les entrepreneurs qu’ils vont accompagner. Car bien qu’ils soient appuyés, beaucoup échouent à mi-parcours. Nexta a enregistré par exemple un taux de déperdition entre 25 et 30% des porteurs de projets qu’elle a accompagné, depuis son ouverture en 2019. « Ce qui veut dire que pendant et après même la période d’incubation, certains porteurs de projets ou entrepreneurs ont abandonné leurs projets ou ont choisi tout simplement d’être des salariés d’entreprises déjà existantes », confie Carole Rakotondrainibe. N’empêche que cette plateforme a enregistré plusieurs success story, à l’instar de l’entreprise sociale Bôndy ou Andao company. Pour la directrice générale de Nexta, les clés de la réussite en entrepreneuriat c’est de retrousser les manches, continuer à étudier, être curieux et comprendre les marchés. Les incubateurs sont là pour appuyer les entrepreneurs, rassure-t-elle.

 

Les partenaires de la Grande île apportent leurs contributions. Le Programme des Nations-Unies pour le développement (Pnud) a intégré parmi ses priorités programmatiques le développement de l’entrepreneuriat. « Nous soutenons les initiatives nationales pour l’édification de l’écosystème de l’entrepreneuriat pour créer, d’une part, des conditions favorisant l’accès à des revenus décents et accompagner, d’autre part, la résilience des petites et micros entreprises opérant notamment dans le domaine de l’économie verte et bleue », indique l’économiste national du Pnud, Adamson Rasolofo.

 

L’EJE est organisé tous les ans par le Club entrepreneurs étudiants du Rendez-vous des entrepreneurs (CEERE), dans le but de rassembler les acteurs de l’écosystème entrepreneurial local autour des activités phares du club. La première journée de l’EJE pour cette année a été dédiée aux jeunes entrepreneurs et la seconde aux porteurs de projets et jeunes étudiants attirés par la culture entrepreneuriale.