Antananarivo, 26 Mai, 16h00 – Un actionnaire de moins. Eiffage est écarté du projet hydroélectrique de Sahofika, indique Solo Andriamanampisoa, ministre de l’Energie et des hydrocarbures durant la séance de présentation du rapport de mise en oeuvre du programme de son département devant l’Assemblée nationale ce vendredi. A l’entendre, cette décision a été prise suite à la demande d’augmentation de 40% des coûts de construction faite par le groupe français. Le ministre indique même dans son rapport que cette hausse n’a pas été discutée avec l’Etat. Une source proche du dossier confie que la hausse convenue de ces coûts était de 21%.
Selon Solo Andriamanampisoa, ce sont les autres actionnaires membres qui vont se charger des modalités liées à la sortie du groupe Eiffage du capital de la société Nouvelle énergie hydroélectrique de l’Onive (Neho). La société Neho est née initialement du consortium rassemblant Themis Energy qui est l’actionnaire majoritaire, Eiffage, Hier et Eranove.
Alors qu’Eiffage ne devrait donc plus faire partie de ce projet, l’Etat, de son côté, planifie son entrée dans le capital de la compagnie concessionnaire de Sahofika. En juin 2022, les députés avaient déjà adopté le projet de loi autorisant la ratification de l’accord de financement relatif à cet actionnariat. L’accord en question avait été conclu entre la République de Madagascar et le Fonds africain de développement (FAD) en 2020, et porte sur un financement qui s’élève à environ 4 millions d’euros.
Comme l’a déjà exposé la Banque africaine de développement (BAD) à l’époque, le projet de prise de participation de la République de Madagascar au capital de Neho prévoit l’acquisition par l’Etat d’actions nouvellement émises à hauteur de 30 millions d’euros. D’un montant équivalent à environ 10-15% de participation au capital, l’investissement servira à financer une partie des coûts du projet de centrale hydroélectrique de Sahofika, explique la BAD.
Il était alors proposé de financer la participation de l’État malgache au capital par les montants restants des allocations du FAD estimés à 4,03 millions d’euros. Le financement devait également se faire par l’intermédiaire d’autres partenaires de développement mobilisés par la BAD, à savoir l’Union européenne (UE) et la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), pour un montant supplémentatire total de 26 millions d’euros.
Lors de la signature des contrats de concession et d’achat d’énergie de la centrale hydroélectrique de Sahofika au mois de novembre 2021, il était rapporté par la direction communication de la Présidence de la République une prise de participation stratégique de l’Etat malgache qui aurait été consentie à hauteur de 20%.
La signature de ces contrats de concession et d’achat d’énergie il y a un an et demi devait servir de base à la finalisation du bouclage financier qui est la dernière ligne droite pour le déblocage des fonds et le démarrage des travaux. Devant les députés mercredi, le Premier ministre avait expliqué le retard de la signature des contrats avec les co-contractants de l’Etat par la nécessité de veiller au contenu et au détail de ces contrats. Il avait soulevé que « ces contrats ont été à l’origine de la détérioration de la gouvernance » de la compagnie nationale de distribution d’eau et d’électricité.














