Antananarivo, 16 Août, 9h10 – Quasi inexploité. La Grande île dispose d’un important potentiel hydroélectrique estimé par la Banque africaine de développement (BAD) à environ 7 800 MW. Ce potentiel est toutefois exploité à moins de 2%, fait remarquer cette institution financière dans son Rapport pays 2024 sur Madagascar.
Le rapport sur le programme sur la Facilité de la résilience et de la durabilité (FRD) du Fonds monétaire international (FMI) souligne également que “le potentiel de production d’électricité propre demeure sous-exploité”.Ce document indique que Madagascar possède le troisième potentiel hydroélectrique en importance en Afrique. Mais le pays en exploite actuellement moins de 1%, déplore l’institution de Bretton Woods.
Pour la BAD, “cette situation freine fortement les investissements à plus grande échelle dans les secteurs à forte valeur ajoutée”. Alors que ces investissements devraient “contribuer à accélérer la transformation structurelle”, expose cette institution de développement panafricaine.
Le rapport du FMI soutient pour sa part que les retards dans la construction de nouvelles grandes centrales hydroélectriques, attribuables en partie aux difficultés financières de la Jirama, sont à l’origine de l’augmentation de la consommation de combustibles fossiles à des fins de production d’électricité. Le rapport rappelle en même temps que la nouvelle Politique générale de l’Etat (PGE) annoncée en janvier 2024 prévoit la mise en chantier dès 2024 de deux grands projets de centrale hydroélectrique à Sahofika et à Volobe
Ce document avance alors que “augmenter le taux d’accès à l’électricité, actuellement à 33% des ménages, exigerait aussi une utilisation plus intensive des moyens de production hors réseau ou des petits réseaux”. Madagascar étant également un emplacement de choix pour le développement de l’énergie solaire.
La BAD indique que la production d’électricité à Madagascar est assurée à 55% par un parc thermique. Alors qu’en plus de son important potentiel hydroélectrique, le pays dispose d’un potentiel en énergie solaire de 2 000 kWh/m2/an et de 2 000 MW pour l’énergie éolienne, qui peutcontribuer à assurer une transition énergétique juste.
La PGE avance que Madagascar entre dans la phase de mise en œuvre des deux grands projets, à savoir la construction des centrales hydroélectriques de Volobe et Sahofika, d’une capacité cumulée de 312 MW. Sahofika renforcera le réseau RIA (réseau interconnecté d’Antananarivo, Toamasina, Fianarantsoa). Volobe, quant à elle, répondra aux besoins de près de 2 millions d’habitants, dans les villes les plus importantes de la région Atsinanana. L’Etat inscrit également dans sa priorité l’exploitation des énergies renouvelables. Et leur utilisation dans l’hybridation des centrales électriques pour réduire le coût de production d’électricité devra se poursuivre.














