Antananarivo, 3 Mars, 11h00 – Madagascar améliore la prévalence contraceptive par les méthodes modernes de planification familiale. Les résultats de l’Enquête par grappe à indicateurs multiples (Mics) 2025 font état d’un taux de 49% en 2025 contre 40% en 2018. “Ce chiffre reflète une meilleure acceptation et un accès élargi aux méthodes contraceptives modernes”, interprète Josiane Yaguibou, représentante résidente du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) à Madagascar, au cours de l’atelier de plaidoyer pour l’amélioration de l’écosystème des droits en santé sexuelle et reproductive (DSSR) qui a eu lieu lundi à Ivandry. Elle voit également dans ces données les résultats de “l’engagement de haut niveau, les investissements dans la sensibilisation ainsi que la disponibilité des produits et la formation du personnel de santé”.
Pour les participants à l’atelier de lundi, “la contraception n’est pas un luxe, c’est un besoin fondamental”. Les bénéfices tirés de la planification familiale sont multiples, rappellent-ils. Celle-ci contribue à réduire les grossesses précoces, encore préoccupantes à Madagascar puisque 32 % des jeunes filles sont enceintes avant 18 ans et plus de 10 % des adolescentes de moins de 15 ans sont déjà concernées, selon les statistiques. Environ 75 000 cas d’avortement sont également recensés chaque année, souvent dans des conditions à risque. Les conséquences incluent l’exclusion scolaire et sociale, compromettant l’avenir de nombreuses jeunes filles.
Les efforts déployés par les acteurs dans le domaine de la contraception sont, par ailleurs, reconnus à l’international. Madagascar a ainsi reçu le trophée “Innovation and Leadership”, décerné en Colombie en novembre 2025. La ministre de la Santé publique, le Dr Monira Managna, l’a présenté lors de l’atelier de plaidoyer. Mais malgré ces progrès, atteindre une couverture contraceptive de 60 % d’ici 2030 paraît difficile au rythme actuel. Il devient impératif d’identifier des stratégies durables afin de consolider les acquis et d’obtenir des résultats significatifs. La révision des financements alloués au secteur de la santé en fait partie.