Un grand bloc de jeunes activistes environnementaux est en cours de formation. Les délégués malgaches à la Conférence des jeunes du climat (COY 17) et à la Conférence des parties sur le changement climatique (COP 27) décident de créer une Alliance nationale de la jeunesse pour le climat et la biodiversité à Madagascar. Il s’agit d’une initiative de jeunes qui souhaitent apporter leur contribution dans la mise en œuvre de toutes les politiques cadres mises en œuvre et ratifiées par le pays pour que la lutte contre le changement climatique soit effective, indique Katia Mahery Rakotonirina, du « Young leaders fighting climate change ».
L’Alliance se fixe comme objectif de mobiliser durablement la jeunesse malgache autour des enjeux et défis du climat et de la biodiversité. Elle ambitionne également d’accroître la crédibilité des jeunes activistes et associations dans le mandat de cette lutte à Madagascar, en appuyant les actions de plaidoyer et de sensibilisation pour une meilleure intégration des jeunes dans le processus de négociations et de discussions liées aux changements climatiques. Le renforcement des capacités et la valorisation des innovations et solutions apportées par les jeunes figurent aussi dans les objectifs de l’Alliance, détaille Katia Mahery Rakotonirina.
Les jeunes qui sont à l’origine de cette initiative travaillent actuellement sur la formalisation de cette Alliance. Et étant donné que le changement climatique figure parmi les thématiques qui suscitent actuellement beaucoup d’intérêt chez les jeunes, les initiateurs de ce projet annonce la tenue prochaine d’un bootcamp pour la constitution de cette alliance. L’engagement des jeunes dans toutes les régions de la Grande île et de tous les secteurs concernés y sera discuté. « Tous ceux qui veulent renforcer nos rangs et appuyer les jeunes militants écologistes sont les bienvenus », souligne Anja Radoharinirina.
Un atelier de réflexion des jeunes de la société civile, pour dresser le bilan de la participation de Madagascar aux différentes conférences à l’international sur le climat et l’environnement, s’est par ailleurs tenu la semaine dernière. Plusieurs recommandations étaient émises par ces acteurs comme l’a rapporté la militante pour le climat et l’écofeministe Marie Christina Kolo. Il s’agit de recommandations pour l’avant, pendant et l’après COP.
Pour l’avant COP, deux principaux messages avaient été livrés, à commencer par la valorisation d’une participation inclusive et équitable de tous les acteurs de la société dans la préparation des conférences internationales. Mettre les enjeux environnementaux et climatiques au cœur des priorités et de l’agenda politique s’avère aussi important, a-t-elle souligné.
Pendant la COP, les jeunes de la société civile demandent au gouvernement d’augmenter la proactivité de la délégation Malgache au sein de ses groupes d’appartenances afin de rehausser sa visibilité. Ils recommandent aussi la valorisation de la visibilité de Madagascar à travers la mise en place d’un pavillon pour les prochaines COP. Puis, ces jeunes demandent au gouvernement d’être redevable par rapport aux engagements prises à la COP, rapporte Marie Christina Kolo.
Et enfin pour l’après COP, le gouvernement devra démontrer, à chaque résolution, des engagements intersectoriels mesurables et spécifiques, en phase avec les priorités de Madagascar. Le gouvernement est par ailleurs appelé à développer une stratégie de redevabilité et d’engagement effective, pour que tous les acteurs à tous les niveaux, et issus de tous les secteurs concernés par le changement climatique, surtout les jeunes, soient pleinement engagés dans la traduction des résolutions en actions, conclut-elle.














