Antananarivo, 5 Septembre, 19h55 – Une précision de taille. Le ministère de la Justice, précise que la justice n’est pas le seul responsable de la défiance de l’opinion publique conduisant aux vindictes populaires.
« On parle souvent de la défiance de l’opinion vis-à-vis de la justice quand il y a des vindictes populaires. Dire que ce n’est pas vrai peut être qualifié de mensonge. Mais il faut savoir que la justice n’est pas la seule responsable », affirme Savatsarah Raby, secrétaire général du ministère de la Justice, à son bureau, ce lundi. « Je dirais plutôt celle [responsabilité] du système judiciaire (…) Si les gens parlent de la méfiance envers la justice, il serait plus juste de parler de la méfiance ou de la défaillance du système judiciaire », note-t-elle.
Pour la SG du ministère de la Justice, cela concerne « tous ceux qui ont une responsabilité dans le milieu judiciaire ». Elle cite « les officiers de police judiciaire, la gendarmerie et la police, les magistrats, les greffiers, les avocats et les huissiers. Soit tous ceux qui travaillent dans la chaîne », détaille-t-elle. « Si chacun fait son travail correctement, depuis l’enquête jusqu’au prononcé du verdict, je crois que cela ne se produirait pas », estime-t-elle. Elle déplore au passage les tirs croisés contre « les magistrats qui se trouvent en bout de chaîne » en cas de défaillance.
Savatsarah Raby fait référence à l’événement qui s’est produit à Ikongo, dans la région de Fitovinany, pour faire part de son observation. Des gendarmes avaient ouvert le feu face à des individus qui ont réclamé un vindicte populaire contre des personnes soupçonnées de meurtre et de kidnapping et détenues dans la caserne, le 29 Août.
La SG du ministère de la Justice concède que la justice « a une responsabilité » dans le manque de confiance de l’opinion publique en cette dernière. « Mais des initiatives ont été prises pour y remédier », assure-t-elle avant d’exhorter tout un chacun « à prendre ses responsabilités et non de rejeter celles-ci à la justice ».
Le président Andry Rajoelina avait touché quelques mots sur l’événement d’Ikongo lors de la cérémonie de sortie de promotion à l’Académie militaire d’Antsirabe samedi. Le chef de l’Etat avait réitéré pour que « les enquêtes sur cette affaire se poursuivent et doivent être menées jusqu’à leurs termes ». Il avait déjà évoqué la nécessité de « savoir ce qui s’est réellement passé à Ikongo pour que des mesures soient prises contre les responsables du drame » lors du Conseil des ministres du 31 Août.