Le Groupement des exportateurs de vanille de Madagascar (GEVM) exprime des réserves sur le mécanisme de rachat de stocks mis en place par l’Alliance de la vanille malgache (AVM) pour faire face à la crise de surproduction qui affecte la filière. L’organisation estime que cette mesure risque de ne pas répondre aux difficultés structurelles du secteur et appelle à des réformes plus profondes.
Pour le président du GEVM, Georges Geeraerts, l’opération qui consiste au rachat de 600 tonnes de vanille préparée, couplée à l’obligation pour les exportateurs d’acquérir 3 000 tonnes de vanille verte, ne constitue qu’un transfert de propriété des stocks existants. A l’entendre, cette mesure ne devrait pas avoir d’effet sur l’excédent de l’offre au niveau mondial.
En annonçant cette opération, lles autorités entendent soutenir les prix de la vanille malgache, alors que les cours à l’exportation ont enregistré une baisse de 40,2 % à la fin de l’année 2025. Mais “sans stratégie claire de sortie, l’opération risque simplement de reporter le problème sans le résoudre”, estime Georges Geeraerts. Celui-ci évoque alors une “fausse bonne idée”, estimant qu’en l’absence d’une stratégie clairement définie pour l’écoulement des volumes concernés, le mécanisme pourrait uniquement repousser les difficultés auxquelles la filière est confrontée.
Le GEVM souligne également plusieurs interrogations sur les modalités pratiques du dispositif, notamment en matière de traçabilité des produits, de contrôle de la qualité et de valorisation des stocks. L’organisation relève par ailleurs que les préparateurs, considérés comme des acteurs clés de la filière, ne sont pas directement intégrés au mécanisme envisagé.
Au-delà de cette mesure conjoncturelle, le groupement appelle à engager des réformes visant à renforcer durablement la compétitivité de la vanille malgache sur le marché international. Parmi les priorités évoquées figurent la conformité aux normes européennes, la lutte contre les contaminants ainsi que le rétablissement de la confiance des industriels envers l’origine Madagascar.
La filière vanille traverse actuellement une période marquée par une offre excédentaire et un recul des prix, poussant les acteurs du secteur à rechercher des solutions pour stabiliser le marché et préserver la valeur de la production malgache.
