FINANCEMENT CLIMATIQUE – D’énormes ressources financières du Fonds pour l’environnement mondial en faveur de Madagascar restent à programmer

Antananarivo, 28 Août, 7h50 – L’utilisation de la majeure partie des ressources financières déjà acquises par Madagascar de la part du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) est encore à définir. Madagascar n’a jusqu’ici programmé que 48% des allocations dont elle bénéficie dans le cadre du huitième cycle de programmation de ce Fonds (FEM-8). Et à celles-ci s’ajoute encore les nouveaux fonds dont vient de bénéficier la Grande île, rapporte le coordonnateur régional Afrique du FEM, Ibrahima Sow. Il a fait part de cette situation lors de l’ouverture du Dialogue national du Fonds pour l’environnement mondial de Madagascar, mercredi.

Une délégation du FEM, menée par son président directeur général, Carlos Manuel Rodriguez, est alors à Madagascar. « La raison de notre présence c’est de booster cette programmation », reprend Ibrahima Sow. L’objectif est de parvenir à programmer les 52% restant du FEM-8 pour Madagascar d’ici la fin du cycle actuel.

Le dialogue national du FEM-8 implique tous les acteurs du secteur public, du secteur privé ainsi que ceux de la société civile. Le secrétariat du FEM appuie le ministère de l’Environnement et de développement durable dans son organisation. Les parties prenantes y sont mobilisées dans le processus de planification, afin d’identifier les priorités nationales et de développer des nouvelles idées de projets.

Le champ d’actions du FEM est large, soutient le ministre de l’Environnement Max Fontaine. Ce Fonds peut d’ailleurs financer tous les projets en lien avec la préservation de l’environnement que Madagascar prévoit de mener, explique-t-il. C’est pourquoi la Grande île entend mener de vastes projets dans le secteur, allant de la préservation des aires protégées ou encore la lutte contre la pollution, énumère ce membre du Gouvernement. Et ce, en précisant que “l’argent octroyé par le FEM est une subvention sans condition, qui n’est donc pas à rembourser”.

Pour le FEM-8, Madagascar a reçu une allocation de 56,69 millions de dollars à travers le Système transparent d’allocation des ressources (Star). Le pays bénéficie également de 50,67 millions de dollars pour la biodiversité, de 4,03 millions de dollars pour la lutte contre la désertification ainsi que de 2 millions de dollars pour l’atténuation climatique. La Grande île reçoit aussi 20 millions de dollars du Fonds d’adaptation pour les Pays les moins avancés (PMA). Et dernièrement, le conseil du Fonds cadre mondial pour la biodiversité (GBFF) avait décidé que Madagascar va bénéficier de 14,72 millions de dollars pour la mise en œuvre du nouveau Cadre mondial de la biodiversité post-2020.

Le président directeur général du FEM, Carlos Manuel Rodriguez, insiste sur l’importance d’une bonne gestion de tous les fonds octroyés, notamment au niveau du ministère des Finances. Il estime que “il y a encore beaucoup de fonds qui doivent être mieux utilisés à bon escient pour de meilleurs résultats”.

Ce patron du FEM soutient également que “le financement pour le climat est basé sur les lois nationales”. Aussi, “il nous tient à cœur que le financement sur le climat soit vraiment utilisé et qu’il ait des textes, de lois, qui régissent leur utilisation”, lâche-t-il. Et ce, en soutenant que “c’est injuste si les pays moins développés comme Madagascar et qui ne sont pas vraiment responsables des changements climatiques seront lésés à cause de leurs lois”, expose-t-il.

Le FEM a été créé pour mettre en œuvre des actions concrètes pour lutter contre la dégradation de l’environnement. Les 30 années de collaboration avec ce Fonds a permis à Madagascar de bénéficier de plus de 200 millions de dollars de financement. Ce portefeuille a servi notamment à la mise en place de divers outils stratégiques et juridiques ou encore l’approvisionnement en capital de la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar.

Photo : Ministère de l’Environnement