FISCALITÉ – Le secteur privé alerte sur l’ampleur que prend le phénomène de « déformalisation », avec de plus en plus d’entreprises formelles qui versent dans l’informel

Antananarivo, 21 Septembre, 17h25 – Un fait alarmant. Bon nombre d’entreprises formelles versent dans l’informel à cause des sérieux problèmes de trésorerie auxquels elles sont confrontées ces derniers temps. Ce phénomène de « déformalisation » qui prend de l’ampleur a été soulevé par le président du Groupement du patronat malgache (Fivmpama), Rivo Rakotondrasanjy, durant l’atelier de dissémination de l’Etude sur l’environnement des affaires des micro, petites et moyennes entreprises et le secteur informel lundi.
Le président du Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), Thierry Rajaona, évoque également ce qu’il qualifie d' »informel dans le formel », qui pèserait plus que le secteur informel lui-même en terme de potentiel fiscal. Il parle notamment d’un certain nombre d’entreprises formelles qui ne déclarent plus qu’une partie de leurs activités. « C’est une situation favorisée par les failles dans le contrôle effectué par l’Etat ainsi que la corruption », expose-t-il.
D’après l’étude sur l’environnement des affaires, l’efficacité de la politique fiscale peut être entravée par le manque de collaboration de la part de certains départements ministériels, l’absence de redevabilité de l’Etat et des collectivités territoriales décentralisées ainsi que par les comportements frileux ou velléitaires des entrepreneurs envers la formalisation en particulier.
La directrice de cabinet du ministère de l’Economie et des finances, Andrianaivohery Florence, souligne néanmoins que « la politique fiscale établie ne vise en aucun cas à réprimander le secteur privé, mais à établir une justice fiscale et sociale, mettant tout un chacun sur le même pied ». Elle ajoute que Madagascar se fixe comme défi de s’aligner sur un taux de pression fiscale de ses îles voisines par le biais de la simplification des procédures fiscales, la digitalisation et la sensibilisation accrue sur le civisme fiscal.
Des solutions en faveur des entreprises formelles doivent être mises en œuvre en urgence, interpelle Rivo Rakotondrasanjy pour espérer que le secteur formel contribue davantage sur l’économie du pays. « Il faut d’abord veiller à ce qu’elles puissent maintenir leurs activités dans le formel pour espérer inciter les entreprises informelles à les rejoindre », avance le président du Fivmpama.
D’après cette étude sur l’environnement des affaires des MPME, les entreprises formelles présentent un potentiel fiscal de 542 milliards d’ariary. Le potentiel fiscal annuel du secteur informel, regroupant environ 3 millions Unités de production informelles (UPI) pour sa part est estimé à 147,9 milliards d’ariary.