Antananarivo, 30 Juin, 15h15 – L’Etat justifie son choix. Puisqu’elles devaient faire un choix sur les incitations fiscales qui devaient être supprimées cette année, compte tenu de leurs engagements envers le Fonds monétaire international (FMI), les autorités disent avoir préféré “retaxer” les intérêts des crédits bancaires d’une TVA à un taux de 20%. Il n’y avait d’ailleurs pas eu de différence “en termes de chiffre” entre la période de taxation et la période d’exonération en vigueur depuis 2006, souligne la ministre de l’économie et des finances Rindra Rabarinirinarison pour justifier ce choix.
La réduction d’à hauteur de 280 milliards d’ariary par an et pendant trois ans des dépenses fiscales est un engagement de l’Etat vis-à-vis du FMI, dans le cadre du programme sur la Facilité élargie de crédit (FEC), rappelle la ministre Rindra Rabarinirinarison. Et Madagascar avait enregistré des dépenses fiscales importantes, ne serait-ce qu’en 2024 où elles s’élevaient à 2 400 milliards d’ariary, soit 3% de son PIB.
A en croire la ministre, les autorités avaient alors été encouragées à réduire ces dépenses fiscales, qui concernaient en grande partie la filière riz. “Nous avons été invités à penser à taxer ce produit qui pourrait améliorer considérablement nos recettes. Mais c’est une décision que nous n’avons pas prise. Il nous fallait donc trouver d’autres rubriques dans lesquelles nous pouvions réduire nos dépenses fiscales. Et notre choix s’est porté sur les intérêts des crédits bancaires”, expose la ministre en charge des Finances. Les mêmes arguments avaient déjà été avancés par le grand argentier pour expliquer l’instauration de la taxe sur les transactions mobiles.
Sur les 144,23 milliards d’ariary de recettes supplémentaires attendues par l’Etat dans la Loi des finances 2025 avec l’élimination des exonérations à la TVA, 80% soit 116,64 milliards devraient provenir de la TVA sur les intérêts bancaires. Et cette mesure consiste en la « retaxation à la TVA des intérêts prélevés par les établissements de crédit sur le financement par caisse et par signature accordé à la clientèle ».
La modalité d’application de cette TVA sur les intérêts des crédits bancaires n’est pas encore définie. Les discussions autour de ce sujet se poursuivent encore entre le Gouvernement et les établissements financiers concernés, indique la ministre Rindra Rabarinirinarison. Outre les intérêts sur les crédits bancaires, la loi de Finances prévoit aussi la retaxation des souscriptions de contrats d’assurance vie et d’assurance retraite.














