IMMIGRATION – La gestion biométrique des frontières étendue au port de Mahajanga avec la plateforme numérique Midas

La portée de Midas, la plateforme numérique de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), est étendue jusqu’à la frontière maritime de la Grande île. Le port de Mahajanga est le premier à en bénéficier. Les kits mobiles qui vont y être déployés viennent d’être remis au ministère de la Sécurité publique, ce mercredi.

Déjà utilisée au niveau de quelques aéroports de Madagascar, la plateforme Midas sert dans la gestion biométrique des frontières. Elle est déployée avec la même capacité numérique aux points d’entrée maritimes où l’intensité des flux de passagers et de marchandises, combinée aux défis spécifiques de la gouvernance maritime, exige des solutions robustes et adaptables. Le port de Mahajanga est alors identifié comme une zone prioritaire pour les investissements en gouvernance des frontières dans le cadre du projet créer des frontières plus intelligentes.

Chaque unité mobile est alors dotée d’une tablette portable, d’un lecteur de documents ainsi que d’un scanner d’empreintes digitales. Grâce à cette configuration technologique, les agents peuvent assurer l’enregistrement et le contrôle biométrique des voyageurs directement sur le terrain, garantissant une surveillance efficace même dans les ports ou les zones difficiles d’accès.

“Nous sommes désormais engagés dans une phase de digitalisation”, souligne Julie Claudette Ranjavololona, secrétaire générale du ministère de la Sécurité publique. Pour elle, cette digitalisation “permettra, en premier lieu, de disposer de données statistiques précises afin d’orienter les prises de décisions gouvernementales si nécessaire”. Mais le processus devrait également “favoriser une plus grande fluidité dans le traitement des documents des voyageurs entrant et sortant du territoire malgache”.

L’objectif à court terme est d’étendre le déploiement des kits Midas au-delà des sites actuels de Mahajanga et Nosy Be, en ciblant prochainement les ports et aéroports de Toliara ainsi que l’île de Sainte-Marie. Cette expansion vise à sécuriser le parcours des touristes dans ces destinations privilégiées, tout en garantissant un contrôle rigoureux des documents, annonce le chef de mission de l’OIM à Madagascar, Roger Charles Evina.

Au-delà de la surveillance technique, cette initiative cherche à rassurer la communauté internationale sur la sécurité de Madagascar, en affirmant que le pays dispose d’une gestion des frontières moderne et protectrice pour ses visiteurs, explique-t-il.

Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet “Créer des frontières plus intelligentes : améliorer les voies de mobilité régulières et sûres, la connectivité et l’intégration en Afrique grâce à la numérisation”. Il s’agit d’une initiative de 3 millions de dollars financée par le gouvernement japonais et mise en œuvre par l’OIM dans quatre pays, dont Madagascar. “Située au carrefour stratégique de l’Afrique, de l’Asie et de l’Europe, Madagascar occupe une position centrale dans l’espace Indopacifique. Pour le Japon, cette région revêt une importance capitale, ce qui justifie un engagement fort dans le financement de projets visant à sécuriser les contrôles migratoires malgaches”, souligne de son côté Hitoshi Tojima, ambassadeur du Japon à Madagascar.