L’Afrique veut forcer les portes du Conseil de sécurité des Nations unies. En marge du Sommet Africa Forward, organisé au début de cette semaine à Nairobi, Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, a réaffirmé la position du continent en faveur d’une réforme profonde de cette instance, en réclamant l’attribution de deux sièges permanents pour l’Afrique.
“L’Afrique ne demande pas une faveur, mais exige la correction d’une injustice historique”, a déclaré le diplomate djiboutien lors d’une réunion ministérielle consacrée à la réforme du Conseil de sécurité de l’ONU. Selon lui, le continent ne peut plus rester exclu de la représentation permanente malgré son poids démographique, politique et économique croissant.
L’Afrique affirme ainsi sa volonté de participer pleinement au maintien de la paix et de la sécurité internationales. Actuellement, le Conseil de sécurité est composé de quinze membres, dont cinq permanents dotés du droit de veto : les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie et la Chine. Dix autres membres non permanents sont élus pour un mandat de deux ans par l’Assemblée générale.
Pascal Confavreux, porte-parole du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, a souligné que Paris soutient activement cet élargissement en faveur de deux membres africains permanents. Il a également rappelé que la France, aux côtés du Mexique, défend une initiative visant à encadrer l’usage du droit de veto. En cas d’atrocités de masse, les membres permanents renonceraient volontairement à l’utiliser.
L’objectif de cette démarche est de garantir que le Conseil de sécurité ne soit pas paralysé face à des crimes contre l’humanité ou à des génocides. À ce jour, 107 pays ont déjà rejoint cette initiative franco-mexicaine, et la France invite de plus en plus d’États africains à s’y associer.














