Le profil macroéconomique de Madagascar pour la période 2026-2027 est prévu s’améliorer progressivement, d’après les prévisions de la Banque africaine de développement (BAD). La situation globale du pays reste néanmoins moyenne et fragile, selon cette institution panafricaine dans son Rapport 2026 sur les perspectives économiques en Afrique. Le document est publié, en marge des Assemblées annuelles de la BAD à Brazzaville.
Selon la BAD, les perspectives pour la Grande île montrent des signes d’amélioration progressive au cours de la période sous revue, avec une accélération de la croissance, un reflux de l’inflation et une réduction des déficits budgétaires et courants. En termes de croissance du PIB réel, l’économie malgache devrait connaître une accélération de son activité économique, progressant de 1,5 point de pourcentage entre 2026 et 2027. La BAD prévoit un taux de croissance passant de 3% à 4,5 entre les deux périodes.
Concernant la hausse des prix, la prévision de la BAD avance un taux d’inflation de 9%, frôlant la barre des deux chiffres. Une nette décélération est toutefois projetée pour 2027 à 6,5 %. Le maintien sous le seuil des 10 % permet à Madagascar de rester dans la performance moyenne en Afrique.
Les finances publiques de Madagascar devraient pour leur part rester déficitaires. Elles s’orientent néanmoins vers une trajectoire de consolidation. Pour la BAD, le déficit budgétaire devrait reculer, passant de -4,4 % à -3,8 %. Se situant dans la fourchette comprise entre 3 % et 5 %, cet indicateur est classé en performance moyenne.
Le principal point de vigilance concerne le solde de compte courant du pays. Madagascar affiche un déficit structurel important de sa balance courante, estimé par la BAD à -7,5%. Bien qu’une légère amélioration de +1,5 point soit attendue en 2027 pour se situer à -6%, ces niveaux restent supérieurs au seuil critique de -5 %, maintenant une performance faible pour Madagascar. Ce qui traduit une forte dépendance extérieure ou un déséquilibre des échanges commerciaux.
La BAD évoque alors plusieurs défis structurels. Les principaux risques comprennent les chocs climatiques, la baisse des prix des matières premières, les tensions géopolitiques et l’incertitude politique intérieure. Comme mesures d’atténuation, l’institution panafricaine préconise la diversification des exportations, une mobilisation accrue des ressources nationales et des financements pour le climat.
