Madagascar engage une réflexion sur la mise en place d’un cadre juridique et d’une politique nationale des emplois verts. Une table ronde de trois jours organisée à Antaninarenina réunit les ministères concernés ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers afin d’établir un état des lieux des emplois et des compétences liés à l’économie verte avant leur formalisation. L’objectif de cette rencontre est d’identifier et d’évaluer les emplois verts ainsi que les compétences existantes dans le pays afin de disposer d’une base de référence pour accompagner la transition vers une économie verte. Les travaux doivent déboucher sur une feuille de route qui servira de base à l’élaboration d’une politique nationale des emplois verts.
“Il est indispensable d’identifier et d’évaluer les emplois verts et les compétences vertes existants avant leur formalisation”, souligne Nolave Luck Aristide Andriatsihala, ministre de l’Environnement et du développement durable. Selon les autorités, Madagascar ne dispose pas encore d’un cadre juridique spécifique encadrant les emplois verts, alors qu’une partie importante des activités liées à l’environnement est exercée dans le secteur informel. Les premières démarches de structuration de ce secteur ont été engagées après la COP27 avec l’ambition de créer un environnement favorable au développement de ce secteur.
L’initiative est portée conjointement par le ministère de l’Environnement et du développement durable, le ministère du Travail, de l’emploi et de la fonction publique et le ministère de la Jeunesse et des sports, avec l’appui de partenaires techniques et financiers, notamment l’Organisation internationale du Travail (OIT), le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et l’Unicef. Dans la répartition des responsabilités, le ministère de l’Environnement est chargé de piloter la transition vers une économie verte, le ministère du Travail de préparer le cadre réglementaire pour la reconnaissance des emplois verts, tandis que le ministère de la Jeunesse devra promouvoir l’accès des jeunes et des femmes à ces métiers.
Le Gouvernement mise également sur ce secteur pour répondre au défi du chômage des jeunes. D’après le ministre de l’Environnement et du développement durable, Madagascar dispose d’un potentiel considérable pour créer des emplois verts dans plusieurs secteurs, notamment le recyclage des déchets, la gestion durable des forêts, l’agriculture durable ainsi que la protection des aires protégées.
Il estime également que Madagascar peut tirer profit du marché du carbone. Comptant parmi les sept pays les moins émetteurs de carbone, le pays entend valoriser cet atout pour générer des revenus susceptibles de financer la création d’emplois verts au bénéfice des communautés locales, en particulier des jeunes et des femmes.














