Antananarivo, 13 Juillet, 11h45 – “La Banque centrale de Madagascar ne doit pas relâcher sa politique monétaire”. Le directeur général adjoint du Fonds monétaire international (FMI), Nigel Clarke invite les autorités monétaires malgaches à davantage de prudence. Cette orientation a été évoquée à l’issue de la deuxième revue des programmes de Facilité élargie de crédit (FEC) et de Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD) en faveur de la République de Madagascar le 3 juillet.
Bien que l’inflation ait légèrement reculé par rapport au pic atteint en janvier, dit-il, “la Banky foiben’i Madagasikara (BFM) ne doit pas relâcher sa politique monétaire tant que l’inflation n’est pas fermement sur une trajectoire baissière”. “Le mandat de la Banque centrale c’est d’ailleurs la stabilité des prix”, souligne de son côté le représentant résident du FMI à Madagascar, Eklou Kodjovi.
“Dans un contexte où l’inflation était assez persistante, nous avons estimé que c’est important que la BFM maintienne cette restriction pour faire descendre l’inflation et se stabiliser avant de changer d’orientation”, explique-t-il. Eklou Kodjovi rappelle que la BFM avait transitionné depuis quelques années vers une politique monétaire basée sur les taux d’intérêts. “En resserrant le taux d’intérêt qui est son outil principal, cette disposition prise par la BFM impacte par exemple sur le coût du crédit. Ce qui contribue à mieux juguler la demande et de freiner un peu l’inflation”, expose-t-il.
C’est ce que le Comité monétaire de la Banque centrale avait décidé au mois de mai de cette année. La BFM avait relevé son taux directeur à 12% afin de prévenir une accélération de l’inflation dans un contexte mondial incertain. L’autorité monétaire avait alors expliqué que ce resserrement de la politique monétaire s’avérait indispensable pour inverser cette tendance haussière et pour se prémunir des risques associés aux incertitudes.
Pour la BFM, ce resserrement de la politique monétaire visait à préserver la stabilité des prix à moyen terme et à ancrer les anticipations d’inflation autour de 5% sur cet horizon. La Banque centrale avait pris cette mesure, en étant consciente que celle-ci peut impacter sur l’activité économique à court terme. Mais la BFM avait surtout estimé que cette mesure était nécessaire pour renforcer la stabilité macroéconomique et financière à plus long terme.
Une légère baisse de l’inflation avait dernièrement été notée. “Ce qui signifie, quelque part, que les signaux envoyés par la Banque centrale ont commencé à porter leur fruit”, estime Eklou Kodjovi. La BFM avait toutefois anticipé dernièrement une inflation annuelle de 8,5% à fin décembre 2025, qui est nettement supérieure à son objectif à moyen terme. Et les perspectives pour le reste de 2025 demeurent d’ailleurs sensibles aux chocs externes, a-t-elle soulevé. La prochaine réunion de son Comité monétaire est prévue le 5 août.














