Antananarivo, 29 Septembre, 15h50 – L’insécurité alimentaire fait ses premières victimes « officielles » dans le Sud du pays. Huit enfants d’un village de la commune rurale d’Ifotaka, district d’Amboasary Atsimo, frappés de malnutrition, ont perdu la vie, rapporte une élue de la région. « Nous avons reçu un rapport faisant état du décès de huit enfants », confirme le gouverneur de la région d’Anosy, Jerry Hatrefindrazana.
A entendre le gouverneur, le Programme alimentaire mondial est déjà sur place pour effectuer une évaluation de la situation et pour mener une première riposte contre l’insécurité alimentaire. Le Bureau national de gestion des risques et des catastrophes est également sur la route pour acheminer des vivres. Une équipe de la région est également attendue sur place pour voir avec les autorités locales les stratégies à plus ou moins long terme à mettre en place pour réduire les impacts de l’insécurité alimentaire.
A en croire Jerry Hatrefindrazana, les habitants d’Amboasary Atsimo attendent la pluie depuis plusieurs mois, mais celle-ci se fait attendre. « La pluie s’est faite rare au début de 2020, entraînant une perte des récoltes, notamment les céréales et les légumineuses, et une faible production qui a contraint de nombreuses familles à consommer les tubercules avant qu’elles n’atteignent leur pleine maturité », avait déjà alerté l’Agence américaine pour le développement international (Usaid) en fin Juillet.
A l’époque, l’Usaid avait fait parvenir 8330 tonnes de vivres dans les régions du Sud et du Sud-Est. Elle avait alerté du danger qui guettait les enfants. « Plus de 100 000 enfants dans les six districts les plus touchés du Sud de Madagascar sont prévus souffrir de malnutrition aiguë en 2020, dont plus de 19 000 cas graves », écrivait l’agence. En fin Juillet, « un quart de la population du Sud de Madagascar, soit plus de 550 000 personnes, n’avait déjà pas assez à manger au quotidien », rapportait-elle.
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