« La digue s’est rompue l’année dernière. Depuis, la commune a cherché un financement pour les travaux de réparation. Les engins ne sont arrivés qu’en décembre 2022. Hélas, en période de pluie, les travaux ne pouvaient pas débuter. Les pluies ont continué à abonder et le niveau des eaux a commencé à augmenter. Par crainte d’un enclavement total, les autorités ont décidé d’évacuer le village. », explique Georges Rasolofomanana, président du fokontany d’Ambohimangidy.
Ambohidava compte environ 260 foyers. Pour l’heure, une cinquantaine de ménages trouvent leur maison sous l’eau. Avec la montée du niveau de la Sisaony, les autorités ont décidé d’évacuer les femmes et les enfants d’abord. Les hommes, eux, restent sur place pour assurer la sécurité du hameau.
« L’année dernière, quand les sinistrés ont dû quitter leur foyer, des cambrioleurs ont profité de leur malheur pour piller leurs maisons. Certains ont même vu la porte de leur domicile arrachée à leur retour. Sans cette nouvelle disposition, ces habitants n’auraient jamais accepté de quitter les lieux. Des agents des forces de l’ordre vont également rester sur place pour aider ces hommes. », continue d’expliquer Georges Rasolofomanana, président du fokontany d’Ambohimangidy
Un site d’hébergement a été préparé par le bureau national de gestion des risques et des catastrophes (BNGRC). Celles et ceux qui ne vont pas rejoindre leur famille, iront au site d’hébergement. « Le CEG Faliarivo a déjà été aménagé pour recevoir ces personnes. Nous n’attendons que le BNGRC qui assurera l’approvisionnement en nourritures. », a fait savoir Rolland Ramarotafika, Assistant technique auprès de la commune Ampitatafika
Certains habitants sont néanmoins mécontents de la décision de contraindre tout le monde à quitter les lieux. Ils évoquent un niveau de danger moins faible comparé aux années précédentes. « Par rapport à la situation de l’année dernière, au moment de la rupture de la digue, le niveau des eaux est encore bas cette année. Mais ils ont demandé à tout le monde de quitter les lieux. Au début, les consignes de partir s’adressaient uniquement aux personnes sinistrées. Ce n’est que ce matin qu’on nous a transmis la nouvelle directive. », déclare Rovatiana Ravoninjatovo, habitante d’Ambohidava.
« Je vis ici depuis 70 ans. Chaque année, on fait face à ce genre de problème, mais on ne nous a jamais forcés de partir comme cette année. Je vais devoir laisser tous les animaux de ma basse-cour ici. Il n’est pas question de rejoindre le site d’hébergement. Nous avons une maison à Antanety, nous allons déménager là-bas. Comparée à l’année dernière, le niveau de l’eau est encore relativement bas cette année. », témoigne Berthine Razanamanana, une habitante d’Ambohidava














